Hugo Minnig de retour dans son palais

Après cinq saisons à la SIG Strasbourg, Hugo Minnig revient à Mulhouse au sein du groupe de Nationale 1.

A 20 ans, nous avons en général la vie devant nous, presque toute la vie. Très peu en ont déjà une belle derrière. C’est le cas d’Hugo Minnig lorsqu’on évoque le basket. Depuis ses 4 ans, le jeune mulhousien parcourt les parquets de la région. Porté par un père, une mère et même une sœur basketteuse, il se laisse toutefois tenté par d’autres sports. Son choix définitif se fait au moment d’entrer en section sports-études à Pfastatt : « A ce moment-là, le sport prenait beaucoup de place dans ma vie. J’ai priorisé le basket ». Grand bien lui fasse.

Champion de France en 2017

La suite se passe du côté de Pfastatt. Au sein de la génération dorée du club, il participe à la belle aventure qui emmène les U15 jusqu’au titre national : « Ah, je me souviendrai de cette année toute ma vie. Nous étions des potes qui jouaient ensemble depuis plusieurs années. Ce Final Four, nous y sommes d’abord allés pour décrocher une médaille. Finalement, on rentre avec le titre, le premier dans l’histoire du club. Ça aussi c’est incroyable ».

Les jeunes de l’ASSM en profitent aussi pour emmagasiner un maximum de choses au contact de Jean-Luc Monschau : « nous voulions avant tout profiter de sa présence pour apprendre. Dès qu’il parlait, nous apprenions. Nous pensions déjà connaître des choses mais lui nous prouvait qu’il nous restait encore du chemin à faire. Et si nous terminons champion de France, c’est beaucoup grâce à lui ».

Direction Strasbourg

Ce passage réussi à Pfastatt en 2017 « et surtout mon Final Four où j’ai fait de bons matchs » lui permettent de se faire remarquer par d’autres clubs, la SIG Strasbourg en tête. Déjà en contact avec le club, c’est logiquement qu’il franchit le cap à la suite de ce titre. Un premier départ, « loin » de la maison : « C’est la première fois que je partais vraiment de la maison, même si Mulhouse, c’est proche et je rentrais tous les week-ends. Comparés à d’autres joueurs du centre qui ne rentraient qu’à Noël, j’étais plutôt chanceux de ce côté-là ». L’intégration, grâce aux autres haut-rhinois comme Valentin Tschamber ou Aubin Desestrets, est elle aussi facilitée.

Bien entouré, Hugo peut commencer à se concentrer sur le basket : « j’ai d’abord signé pour trois ans avec les U18. La première année, je l’ai pourtant plus passé avec les U17 Région ». Le processus est un peu plus long que prévu, Hugo étant alors encore un peu « tendre » physiquement pour se mesurer aux U18 Elite. Du moins, pour la première année car il découvre réellement ce niveau la saison suivante. Avec en prime, une dizaine de matchs avec les espoirs strasbourgeois, un championnat qu’il découvre à part entière l’année suivante sous la houlette d’Alex Hartz.

Telle une suite logique en mathématiques, matière dans laquelle le jeune arrière se plaît, sa progression sportive est linéaire. Au point d’intégrer en cette saison 2021-2022 le groupe professionnel pour la préparation d’avant-saison : « C’était pour dépanner, tous les joueurs professionnels n’étant pas encore là.  Cela a duré deux mois puis lorsque Lukas Varaa s’est blessé, je suis resté à part entière avec le groupe professionnel ». Une belle récompense pour celui dont le travail, le sérieux et l’éthique ont bien souvent été mis en avant. A juste titre

Encore un titre national

Petit jeune, petit dernier, il se fait petit à petit sa place au sein du groupe, bien couvé par les plus anciens qui n’hésitent pas à lui distiller les bons conseils : « J’ai rempli les tâches qu’on me demandait. Au départ, j’étais considéré comme le petit jeune, avec moins d’années de basket ou d’expérience que les autres. J’étais vraiment à leur écoute. Lorsque le coach fait entrer un espoir dans le groupe professionnel, c’est bien sûr pour qu’il progresse, qu’il gagne en expérience mais en retour, lui doit faire en sorte que le niveau de l’équipe ne baisse pas ». Pas facile à 20 ans et lorsqu’on est entouré de joueurs tels DeAndre Lansdowne, Ike Udanoh ou John Roberson. Mais Hugo l’assure, « à travers les déplacements faits avec le groupe, les repas où l’on parlait de tout et de rien, j’ai de mieux en mieux trouvé ma place au sein de l’équipe ». Au point de ne plus sortir du groupe.

Beaucoup de bonnes choses ont malheureusement une fin et son aventure à la SIG Strasbourg s’arrête, en même temps que les Alsaciens sont éliminés par Monaco en quart de finale de Betclic Elite. Cinq ans qui ont dû au final passer bien vite, tout en laissant une ribambelle de souvenirs : « il y en a beaucoup qui remontent à la surface. La SIG Strasbourg, j’y suis arrivé comme un enfant à 15 ans, et j’en ressors en tant qu’homme à 20 ans ».

Entre-temps, il a décroché une coupe de France à Bercy en 2019 après avoir livré une demi-finale exceptionnelle, « je crois que je marque six ou sept trois-points en deuxième mi-temps ». S’ajoutent logiquement à cela ses premières minutes en professionnel, face à Paris, « le coach m’a fait un clin d’œil et j’ai compris que c’était le moment » et les premiers points en BCL : « je risque encore d’en parler dans vingt ans. Globalement, j’aimerais vraiment remercier tout le monde à la SIG Strasbourg. Sans elle, sans eux, je ne serai pas là où j’en suis aujourd’hui. Si j’ai pu signer mon premier contrat professionnel aujourd’hui, c’est grâce à eux. Si des jeunes hésitent à rejoindre un club comme cela, qu’ils foncent. Sportivement, scolairement et humainement, j’ai été très bien suivi ».

Back home

Garçon posé, ambitieux sportivement, il n’en a pas moins délaissé les études : « C’était inimaginable pour mes parents et pour moi. Jusqu’au bac, je me débrouillais bien en cours et je jonglais bien entre les études et les sports. Mais je me cherchais encore un peu à ce niveau-là, je ne savais pas encore quelle voie suivre ». L’essai de la licence de mathématiques infructueux, il trouve finalement son chemin dans la comptabilité : « je suis actuellement en deuxième année de DCG, avec l’objectif, en-dehors du basket, de devenir expert-comptable ».

Du temps pour réviser les plans comptables, il en disposera désormais lors des déplacements avec … Mulhouse, son nouveau club. Enfin, nouveau, pas tant que ça. A commencer par Lauriane Dolt, son entraîneur au centre de formation de la SIG Strasbourg et dont la présence a pesé : « Hormis le fait de rentrer à Mulhouse, la présence de Lauriane a été déterminante. A Strasbourg, cela s’était bien passé entre nous. J’ai beaucoup progressé et beaucoup appris avec elle. Alors forcément, quand elle m’a appelé, je n’ai pas hésité. En plus, le projet du club est intéressant et pour tout cela, je la remercie. Je suis pressé de commencer ».

Nouveau visage au palais

Ugo Taczanowski, Valentin Tschamber, Marc Skoczylas ou encore Quentin Diehl, Hugo retrouvera des amis sur place, ou un capitaine qu’il admirait beaucoup plus jeune : « je me souviens de Quentin à Pfastatt. Je me disais toujours « woaw, qu’est-ce qu’il est fort » ». A lui de se mettre au diapason pour aider un des visages du MBA à reproduire une nouvelle belle saison : « C’est notre ambition. Nous n’avons pas encore parlé des objectifs. Nous voudrons prouver que cette dernière saison n’était pas un one-shot mais que nous avons le niveau pour rivaliser avec les meilleurs ».

De retour dans son cocon, au plus près de ses proches, « mon père sera content de me voir plus souvent, et ce sera plus facile pour lui de venir me voir le mardi ou vendredi au Palais des Sports, à la sortie du boulot », Hugo a mis tous les atouts de son côté pour faire de sa nouvelle salle, son nouveau palais.

Crédit photo : Yann Sauer Photographie

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