Martin Imhoff, la saison de l’équilibre ?

Martin Imhoff et Kaysersberg vont prochainement aborder les Playdowns en Nationale 1. Retour sur le parcours du jeune numéro 10 des Vignerons.

Dans la famille Imhoff, je voudrais … le père ? Non, le fils. Arnaud ? Non plus, Martin. Vous l’aurez compris, le basket chez les Imhoff est présent de générations en générations : « Le basket, c’est de famille. Mon père et mes deux oncles jouaient tout le temps. A un bon niveau même. Alors, j’ai logiquement baigné là-dedans depuis tout petit. Je crois même que le bruit du ballon résonne plus dans mes oreilles que la voix de mes parents. J’ai pris ma première licence à trois ans. Si je jouais bien sûr au foot avec mes potes, en club je n’ai fait que du basket ».

Le pôle espoirs à 13 ans

Comme son frère, formé à la SIG Strasbourg, Martin va très vite se révéler. Habile et technique, Dessenheim, son premier club, devient trop petit au début de l’adolescence.  Bien que le destin parfois vous ramène à la maison : « Jusqu’à 13 ans, je jouais à Dessenheim. Puis, je suis parti au pôle espoirs avec la génération Frank Ntilikina. A 15 ans, j’ai intégré le centre de formation à Dijon. J’y ai signé mon premier contrat stagiaire à 18 ans. Ensuite, j’ai rejoint Champagne Basket pendant deux ans puis une année à Nancy. Je suis rentré l’an dernier à Dessenheim avant de rejoindre cette saison Kaysersberg ».

Avec un tel parcours, entouré de joueurs comme le meneur médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo, Ludovic Beyhurst ou encore Louis Rucklin, certaines ambitions naissent presque naturellement : « L’envie de passer professionnel a grandi quand je suis arrivé au pôle. Je me suis alors fixé de nouveaux objectifs, bien qu’aujourd’hui, cela ait changé. Je suis lucide sur le niveau où je peux jouer. Bien entendu, si j’ai une opportunité en Pro B, tant mieux, mais mes objectifs professionnels prennent aujourd’hui le dessus. Je ne compte plus uniquement sur le basket ».

Mode reconversion activé

A côté de la balle orange, Martin évolue aussi comme commercial au sein de la société de son père : « Kaysersberg me permet de travailler à côté. J’ai connu pas mal de blessures ces dernières années. J’ai maintenant un tout autre équilibre de vie et je ne souhaite pas laisser passer cela. Lors de mon premier contrat à 18 ans, je ne pensais pas avoir besoin de travailler aussi tôt. Très vite, tu te rends compte que le milieu du basket professionnel est dur, concurrentiel et que peu de choses te sont pardonnées. J’ai mis un peu de temps à me rendre compte qu’il fallait très vite préparer l’après. Dans une vie de basketteur, tu as du temps libre, ce qui te permet de faire des choses, d’étudier ou autres. Il faut en profiter pour préparer la suite ».

Pourtant, cela n’a pas dû être facile de voir bon nombre de ses copains percer dans le basket, vivre leur rêve et croquer dans cette vie à pleines dents : « Cela a tout de même été un peu dur à accepter au début, de me dire que je n’aurais pas la trajectoire escomptée. Aujourd’hui, c’est un soulagement. Ne plus avoir cette pression pour trouver un club et avoir une vision sur le long terme, c’est un soulagement. Le basket est important pour moi mais je me rends compte qu’il n’y a pas que ça au final ».  

Un parcours et une vie bien différents de ceux de ses coéquipiers à Kaysersberg aujourd’hui : « Au club, plusieurs joueurs ne vivent que du basket. Je dois être le seul à travailler à côté mais beaucoup de mes coéquipiers ont de belles perspectives sportives devant eux. Quand nous en discutons, je m’aperçois qu’ils respectent ce que je fais, notamment par rapport à la charge de travail. Moi, je profite de pouvoir travailler dans l’entreprise de mon père. A ce niveau, il te faut deux « patrons » arrangeants et c’est le cas pour l’instant. Tant que le club ne juge pas nécessaire d’arrêter ce fonctionnement, je me vois bien continuer, même en N2 ou N3 ».

Gagner la bataille du maintien

« KB » justement, avec qui Martin va vivre prochainement les Playdowns de Nationale 1. L’objectif, décrocher un ticket pour rester encore un an au sein du troisième niveau national. Avec un bilan final de 9 victoires pour 17 défaites, il n’a pas manqué grand-chose pour que les Vignerons ne s’offrent le maintien au terme de cette première phase : « Cette première partie de saison est un peu frustrante, ou plutôt inaboutie. Nous visions une place dans la poule du milieu. C’était l’objectif mais nous ne l’avons pas atteint. Certaines rencontres perdues de peu, face à de belles formations, pèsent. Nous n’avons pas réussi à valider notre bon début de saison. Heureusement, le groupe a su se remobiliser en fin de saison et désormais, nous visons le maintien. Nous serons l’équipe la mieux classée des Playdowns et avons donc notre destin entre nos mains ».

Sur le plan personnel, la saison est elle aussi mi-figue, mi-raisin pour Martin : « Personnellement, c’est à l’image de l’équipe. J’ai connu de vrais bons passages et sur d’autres, j’aurais pu faire mieux. J’ai un peu pris le niveau de la Nationale 1 dans la gueule. Même si j’ai connu le monde professionnel à travers les entraînements à Dijon ou Chalon-Reims, les matchs c’est autre chose. A KB, mon rôle est clair et je pense malgré tout y avoir bien répondu. Puis j’ai progressé ici, c’est le plus important ».

Réunion prochaine ?

Et pour continuer à se développer, pourquoi pas une saison avec le grand frère ? « J’aimerais beaucoup jouer avec mon frère un jour. Lui peut-être un peu moins (rires) mais il faudrait lui demander. Plus jeune, j’avais une certaine réputation sur les terrains mais je suis bien calmé aujourd’hui. Je trouve en plus qu’avec Arnaud, nous pourrions être vraiment complémentaires. J’espère que nous pourrons le faire au moins une fois. Il faut la bonne opportunité et espérer qu’il puisse encore courir ce jour-là (rires) ».

Savoir si cela aura lieu la saison prochaine ou si l’attente devra continuer, la réponse n’est pas encore connue à ce jour. Martin souhaite poursuivre avec KB même si aucune porte n’est fermée : « La saison prochaine, je donne la priorité à Kaysersberg mais je reste ouvert à d’autres projets, que ce soit en N2, N3 ou autres. J’aimerais toutefois rester dans la région par rapport à mon travail ». Pour garder cet équilibre qui lui sied si bien aujourd’hui.

Crédit photo : KABCA / Steimer

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