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Jacques Alingué, de la Nationale 3 à la Jeep Elite

De l’Electricité de Strasbourg à Dijon en passant par Souffel’ et la SIG Strasbourg, Jacques Alingué a emprunté des chemins bien différents pour atteindre le monde professionnel.

Les arceaux du parc de la Citadelle à Strasbourg doivent encore s’en rappeler. A 18 ans, quand il arrive à Strasbourg, c’est bien là que Jacques commence le basket. Sur les playgrounds goudronnés, bien loin encore des rutilants parquets qu’il foule aujourd’hui, il se forge ses premiers fondamentaux : « J’ai fait beaucoup de street au départ, j’avais donc beaucoup de réflexes de ce type de jeu. C’est en arrivant à Haguenau avec Mickael Nachon que j’ai vraiment travaillé sur mes bases de jeu ». Une nouvelle adaptation pour l’intérieur qui s’impose pourtant très rapidement dans les raquettes de N3 : « Ce n’était pas la même dureté sur les terrains de street qu’en club. Dehors, tu n’as rien à gagner, tu joues comme tu le sens. En club, c’est plus structuré et plus axé sur l’efficacité. Il faut s’adapter en fonction des besoins de l’équipe ».

Le temps passé dans le Nord-Alsace sera logiquement court. Un an et c’est le saut vers Souffelweyersheim où Jacques, sous la houlette de Stéphane Eberlin, va grimper les échelons. De la N2, il ira jusqu’en Pro B avec aussi un très bel exploit face à … Dijon, en coupe de France. Un petit clin d’œil de l’avenir sans doute car la Bourgogne sera la prochaine étape de l’intérieur. Avec à chaque changement de statut, la nécessité d’apprivoiser un nouveau milieu et une nouvelle exigence : « Quand tu intègres le monde professionnel, la différence sur les détails est encore plus poussée. Il faut aussi plus connaître tes propres forces et faiblesses ».

Ce beau parcours aurait toutefois pu être bien différent. Bien qu’il ne soit pas passé par la case « centre de formation », Jacques aurait pu jouer pour une telle structure plus jeune : « J’avais fait des essais à la SIG Strasbourg, mais n’ai pas été retenu. Olivier Weissler, l’entraîneur de l’époque, souhaitait que j’intègre l’équipe de prénationale. Mais j’ai eu l’opportunité d’aller à Haguenau, ce que j’ai alors priorisé ».

Expériences et partages

Des exemples d’une telle progression ne sont pas légions au basket. Bien que selon lui, ils soient encore réalisables aujourd’hui : « Ça l’est, comme dans tous les sports. Mais c’est bien souvent le cas lorsque tu progresses en même temps que ton club. Cela a été mon cas au BCS. Puis il y a un facteur que tu ne maîtrises pas souvent, c’est la chance. J’en ai eu, et j’ai également été très bien entouré ».

Passé au sein de clubs ambitieux, avec lesquels il a également pu jouer la coupe d’Europe (SIG Strasbourg, JDA Dijon), Jacques ajoute également que son parcours reste une vraie force pour lui et n’a jamais ressenti la moindre différence au sein des groupes professionnels : « A partir du moment où un coach te recrute, c’est pour le présent. Tu n’es pas jugé par ton passé, mais pour ce que tu vas amener au présent et à court-terme. Je n’ai pas senti de regards différents, au contraire même car pour certains, c’était aussi l’occasion d’amener une autre expérience ».

Ce vécu, Jacques n’oublie pas non plus de le partager avec les plus jeunes. Récemment, il est passé au centre de formation, à Gries : « Ils ont une vraie chance d’évoluer dans un tel environnement. Dix ans en arrière, c’était très difficile d’allier études et sport de haut-niveau. Aujourd’hui, ils sont dans une structure qui leur permet d’allier les deux, tout en optimisant leur temps et leur passion. Il ne faut surtout pas laisser passer cette chance et en travaillant, ils auront des routes qui s’ouvriront ». Sans bien sûr oublier l’après-carrière : « J’ai vécu une vie avant le basket. Je suis prêt à la revivre et je la prépare déjà. Il faut vraiment avoir une vision à moyen et long termes ».

Au début de sa carrière, Jacque l’avoue, « ce sont les anciens qui m’ont appris les premiers fondamentaux ». Une règle qui prévaut toujours aujourd’hui, surtout pour les plus jeunes et qu’il n’oublie pas non plus de rappeler.

Crédit photo : FIBA BCL