Un derby sans Kentan Facey

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Pour le dernier derby de l’histoire, le BCS devra se passer d’une de ses armes majeures ce vendredi soir, Kentan Facey.

De la bonne saison de Souffel, il n’en est pas étranger, certainement pas. Du haut de ses 27 ans et 2m06, Kentan Facey est un élément majeur du collectif de Stéphane Eberlin. Le basket, il ne l’a découvert qu’à 15 ans, en Jamaïque. Avant cela, le longiligne intérieur a pratiqué le football, l’athlétisme ou encore le cricket. Des disciplines qui lui apportent certainement bon nombre d’éléments positifs à son jeu aujourd’hui : «  J’ai commencé à jouer quand j’avais 15 ans. J’ai participé à un camp de développement des compétences en Jamaïque, où des entraîneurs des États-Unis viennent enseigner le jeu aux enfants. Un entraîneur m’a apprécié et m’a aidé à partir aux Etats-Unis à l’âge de 17 ans, il s’appelle Stephen Johnston. J’ai déménagé en Amérique seul et ma famille d’accueil m’a adopté et s’est occupée de moi. J’ai commencé à jouer au basket un peu tard, mais j’ai passé beaucoup de temps à m’entraîner et à m’améliorer ».

Le chemin qui a ensuite mené Kentan jusque dans la banlieue strasbourgeoise ne fut toutefois pas linéaire. Pas toujours simple, mais joliment victorieux aussi. Au lycée, il remporte quelques titres, les plus mémorables pour lui étant le championnat de l’état de New-York, puis le titre de joueur de l’année de l’Etat. A ce moment-là, plusieurs portes, et non des moindres, s’ouvrent à lui : « Après le lycée, j’ai reçu des offres de bourses universitaires de toutes les grandes universités, et j’ai décidé de m’inscrire à l’Université du Connecticut ».

Un titre NCAA en 2014

Une première année où la majorité du temps, Kentan la passe sur le banc. Malgré tout, les évènements vont s’enchaîner : « Ma première année, je n’ai pas beaucoup joué car nous avions une très bonne équipe avec des gars plus âgés, dont certains qui sont allés en NBA ou en Euroleague. J’ai dû attendre mon tour. Nous avons réussi à remporter le championnat national NCAA. C’est très certainement la meilleure expérience de basket-ball que j’aie  jamais connue. Je suis devenu titulaire en deuxième année et j’ai fait une bonne saison. Mais l’équipe n’a pas été à la hauteur des attentes comme l’année précédente ».

La troisième fut plus compliquée pour lui, surtout personnellement : « j’ai perdu mon père à la fin de ma deuxième année d’université, ce qui m’a beaucoup affecté car nous étions extrêmement proches. Je garde sa mémoire vivante tous les jours en portant son alliance, je m’assure qu’il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui et aux bons souvenirs que nous avions ensemble ». Sa quatrième, et dernière, année (8,5 points, 7,1 rebonds de moyenne) lui permet de rebondir de la meilleure des manières, lui offrant la possibilité de rejoindre l’Europe et la Grèce plus précisément. Las, problèmes financiers et un changement d’entraîneur le poussent à quitter le championnat pour le Qatar, avant de démarrer une nouvelle saison à Chypre : « J’ai passé une bonne année à Chypre, puis j’ai reçu une offre de Souffel ».

Deux saisons réussies au BCS

Le bon choix. Si ce n’est pas lui qui l’a dit, les supporters de Souffel doivent le penser. Sa première saison se solde au bout de 23 rencontres disputées en Pro B, avec 10,4 points, 7,3 rebonds et 13,8 d’évaluation moyenne. Difficile de faire mieux, et pourtant : 11,7 points, 6,4 rebonds et 15 d’évaluation cette année : « Ma première année à Souffel a été solide. La salle est très bruyante, avec nos fans, et j’aime ce type d’atmosphère. Souffel est comme une famille, tous les membres de l’équipe se connaissent et essaient de s’entraider, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de prolonger pour une deuxième année ».

Avec une équipe présentant une base solide et se connaissant déjà, le BCS a pourtant démarré la saison perturbé par la COVID. Les (quelques) turbulences passées, le groupe s’est remis à gagner et a retrouvé confiance, au point d’afficher un bilan presque équilibré à ce jour (15 victoires – 16 défaites) : « Cette année, l’équipe a bien joué, nous avons commencé la saison un peu lentement mais après les vacances de Noël, nous sommes revenus prêts à travailler et avons commencé à gagner des matchs. Nous avons battu certaines des meilleures équipes de la ligue, ce qui nous a prouvé que nous pouvions rivaliser avec les tops teams ». Quimper, Fos, Nancy ou encore Saint-Quentin ont chuté aux Sept-Arpents cette saison, entre autres.

Alors que le dernier derby de l’histoire se profile ce vendredi, Kentan ne pourra malheureusement pas y prendre part. La faute à un coup dur survenu ce mardi soir, face à Saint-Chamond. Mais nul doute que ses coéquipiers voudront s’imposer, pour lui, mais aussi les autres blessés. Car à Souffel, un être vous manque, mais heureusement, tout n’est pas dépeuplé.

Crédit photo : Myriam Vogel

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