[Formation] : Ludovic Beyhurst, l’aventure INSEP

Durant trois saisons, Ludovic Beyhurst a arpenté les couloirs de l’INSEP. Retour avec le jeune meneur du CSP Limoges sur cette période.

Ils sont peu, très peu, à pouvoir intégrer l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance). Pour Ludovic, et un grand nombre d’autres joueurs, « l’INSEP, c’était l’élite du basket français. Les meilleurs joueurs de ta catégorie d’âge seulement y entrent ». L’occasion de se mesurer et d’apprendre avec les grands espoirs français, mais aussi de se tracer une voie vers les équipes de France jeunes et ainsi pouvoir affronter le gratin européen et mondial. Surtout, Ludovic intégrait « un système un peu plus professionnel que ce que nous pouvions avoir à l’époque en club » et marchait sur les traces d’un autre meneur, Tony Parker.

Intégré avec un an d’avance à la structure fédérale, Ludovic ne s’était pas fixé cela comme un objectif : « J’ai été repéré assez tôt et ma sélection s’est faite assez naturellement après les sélections U15 ». Alors âgé de 14 ans, quitter son Alsace ne fut certainement pas simple pour lui, ni pour ses proches. Surtout que l’INSEP ressemble à tout, sauf à une colonie de vacances. Deux entraînements quotidiens, des cours qui démarrent tôt le matin, les journées étaient chargées. Mentalement et physiquement, l’exigence est forte mais prépare les jeunes espoirs du basket au monde professionnel : « Les épreuves sont éprouvantes, difficiles, mais nous préparent vraiment pour la suite. Au niveau de la compétition, nous jouons en Nationale 1. Grâce à cela, tu mets déjà un pied dans le monde professionnel et quand tu reviens en club, c’est un niveau que tu connais déjà. Certaines formes de jeu se rapprochent vraiment de ce que tu retrouves avec les pros. ».

« Une école de la vie »

L’INSEP, c’est aussi un merveilleux lieu de vie où les basketteurs rencontrent les judokas, pongistes ou encore bien d’autres athlètes. Une occasion unique pour échanger, apprendre et s’ouvrir à d’autres disciplines, surtout quand vous vivez en commun avec vos coéquipiers 24h/24 : « A l’adolescence, tu vois les choses différemment dans ce type de structure. Nous sommes dans notre cocon mais j’ai adoré partager mes expériences et performances avec d’autres sportifs. Un lien fort se crée entre nous et c’est même dommage parfois de n’être qu’entre sportifs, de ne pouvoir s’ouvrir à d’autres personnes ». Un vrai processus de maturation pour ces jeunes sportifs. Entrer tel des adolescents, il en ressort souvent des hommes : « Tu grandis à l’INSEP. Tu l’intègres pendant ton adolescence et ce qu’on t’y enseigne te permet de grandir, de devenir un homme. Pour ma part, mes formateurs ont joué un grand rôle, avec leur discipline et leur autorité. Cela te forge et te fait passer du monde de l’enfance, où tu joues pour t’amuser, au monde des professionnels, où tu as moins le droit à l’erreur. C’est une école de la vie car tu en ressors grandi et différent ».

Direction l’équipe de France

Arriver à l’INSEP aide également à intégrer l’équipe de France jeunes. Sans être une garantie, elle est toutefois une suite logique, une continuité à la saison au pôle. Porter le maillot bleu reste aujourd’hui encore « un grand honneur » pour Ludovic : « Ce n’est pas n’importe quoi, surtout quand tu peux jouer devant ta famille. Puis les expériences internationales sont toujours bénéfiques. Elles t’aident à obtenir une culture basket différente. Tu joues contre la Grèce, l’Espagne, l’Italie. Ce sont des formes de jeu différentes et tu te confrontes aux meilleurs. En U20, j’ai eu plus de responsabilités dans le jeu. Cela m’a aidé mentalement et techniquement, car plus tu as d’expériences à ce niveau, plus tu deviens mature dans ton jeu ».

Forcément, des souvenirs accompagnent ces campagnes. Championnat d’Europe, championnat du monde, Ludovic a déjà pu évoluer dans des ambiances incroyables, comme en Israël lors de l’été 2019 : « En demi-finale, nous jouons Israël, le pays hôte. Nous avons perdu le match, de peu, mais l’atmosphère était incroyable. Elle m’a galvanisé et j’ai peut-être signé une de mes meilleures performances avec l’équipe de France. Nous aurions pu aller en finale, voire plus, mais c’est la meilleure place que nous avons réussi à décrocher avec ce groupe ». Si près, si loin, en quelque sorte. « Il y a aussi, lors d’une campagne U17, la possibilité de voir les Américains jouer. Ils étaient impressionnants, techniquement, physiquement et dans leurs attitudes. C’est forcément aussi un souvenir marquant dans une jeune carrière ».

Un passage à l’INSEP, c’est donc comme une assurance de se forger de premiers bons souvenirs. Mais aussi se tracer une vraie voie vers le monde professionnel.

Crédit photo : FIBA

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