Olivier Letzelter, une vie basket teintée de rose

Reichshoffen, Vosges du Nord et maintenant BCNA, Olivier Letzelter a connu toutes les évolutions du club nord-alsacien. De la départementale à la Nationale 2 aujourd’hui, il a également permis au club de grandir, sur et en dehors des parquets.

Le basket, encore une histoire de famille. Des grands pères assidus, un père joueur puis dirigeant, Olivier n’avait guère le choix. Ou plutôt l’envie d’aller voir si l’herbe était plus verte dans d’autres sports. De ses débuts à l’âge de six ans, il n’a suivi les aventures que d’un seul club. Au gré de ses ententes ou fusions, il est vrai : « J’ai commencé à Reichshoffen et suis resté fidèle. J’ai eu la possibilité d’aller voir la nationale 3 ailleurs quelques années plus tard mais j’ai souhaité rester fidèle à mon club ».

Bien avant de vivre l’aventure des Pinks, Olivier se lance d’abord avec une bande de copains : « Je m’occupais de l’équipe 2 des garçons de Reichshoffen. J’avais 19 ans à ce moment-là et l’équipe évoluait à l’avant-dernier échelon départemental. Malgré cela, nous avons terminé champion d’Alsace. C’était un superbe souvenir ». Cette envie de se diriger vers le banc, Olivier l’a depuis ses 15 ans : « J’ai très vite ressenti que je voulais faire cela. Dès ma première année en tant qu’entraîneur, j’ai compris que j’allais le faire  pendant de longues années ».

2009, les Pinks

La véritable bascule dans la carrière d’Olivier ? En 2009 quand il décide de prendre la tête de l’équipe première féminine des Vosges du Nord (fusion entre Reichshoffen et Niederbronn) avec sa co-coach Maddy Thimmer. Alors en deuxième division départementale, elles vont grimper les échelons un à un, saison après saison. Quatre ans plus tard, c’est en Nationale 3 que l’on retrouve sa formation avec un bilan de 80 victoires pour … 8 défaites.

Devenu depuis 2011 coach à plein temps de l’équipe, toujours en duo avec Maddy, « je n’avais plus le temps de concilier le rôle de joueur et d’entraîneur », Olivier avoue que l’objectif de la nationale 3 trottait dans la tête de certaines de ses joueuses. Et surtout la sienne : « Quand j’ai repris l’équipe, nous nous fixions des paliers : d’abord la région, puis la prénationale. Mais les choses sont allées plus vite. Le groupe était très compétitif et les joueuses avaient un excellent niveau. Elles refusaient la défaite, comme moi. Une fois en prénationale, nous étions lancés et avons réussi à accrocher la montée en N3 ». Si tout roule en championnat, Vosges du Nord réalisait aussi quelques exploits en coupe : « La dernière saison en région, nous avons aussi atteint la finale de la coupe crédit mutuel. C’était face à la SIG, alors en Ligue 2. Nous avons réussi à gagner le premier quart-temps mais finalement, on s’incline de huit points. Mais c’était une belle apothéose de la saison ».

Le passage en nationale 3 dure trois saisons. Mais pas de retour dans le championnat régional, l’équipe prenait la direction de la Nationale 2 et s’adjugeait une nouvelle montée, vers une autre planète. Olivier passe le relai sur cette saison, à Martin Novak d’abord puis Claudie Hucault : « Nous étions arrivés dans un championnat bien plus relevé. Il a fallu s’adapter et nous n’avions, à ce moment-là, pas réussi à passer ce cap. Cette année fut la seule où nous avons connu une descente ».

Un petit bémol dans cette belle épopée. Mais rapidement, Olivier et ses filles vont se reprendre et la saison 2017-2018 leur réserve un final en apothéose : « Nous étions en Playoffs mais très, très mal embarqués pour remonter. Le dernier match, nous devons battre Nancy de plus de dix points. La salle était pleine, plus de 800 personnes. C’était la première année de l’existence du BCNA et c’était important de remonter tout de suite. Nous gagnons finalement de 17 points. L’ambiance lors de ce match fut exceptionnelle. Cerise sur le gâteau, le lendemain, nous battons Geispolsheim en finale de la coupe du Crédit Mutuel ».

Le retour en Nationale 2 se fera avec Olivier Bady : « Mon maître (rires). En un an avec lui, j’ai tellement appris ». Car après un maintien bien assuré, Olivier décide de prendre du recul et de laisser la main à une nouvelle équipe. Le bon timing pour lui : « Ce choix était logique. Je suis devenu papa et ne pouvais plus m’investir autant. J’ai senti que c’était le bon moment. Pourtant, j’avais un sentiment bizarre l’été. C’était la première fois depuis longtemps que je n’étais pas occupé à gérer une présaison aussi intense ».

Le terrain pourtant n’est pas loin. Avec les SF2 tout d’abord puis les SF3 aujourd’hui, Olivier a trouvé un nouvel équilibre qui lui correspond mieux. Puis, il continue à s’investir dans le club comme dirigeant, au sein de la commission partenaires. Et quant à « ses » Pinks, il les sait entre de bonnes mains aujourd’hui avec Maxence Barthel et Dorian Déniel. L’occasion de se remémorer quelques bons souvenirs comme « la montée en Nationale 3. Incroyable pour un petit village comme Reichshoffen. Nous avions un environnement exceptionnel, avec une équipe de dirigeants super et des supporters incroyables. Ou encore les Playoffs pour valider notre retour en Nationale 2 ». De l’autre côté, Olivier avoue aussi que ses années lui ont fait voir le sport d’une autre manière : « Durant toutes ces années, j’ai compris avec humilité que la victoire ne fait pas tout. Ce n’est pas parce que tu gagnes que tu as raison. C’est la grande leçon que j’ai retenue ».

Papa comblé d’un petit garçon – bien entendu basketteur-, « même si j’ai l’impression qu’il a plus une âme d’artiste que de sportif », la véritable pink devrait voir le jour en février. Avec une maman ancienne joueuse de la maison, « Manuelle a été ma joueuse et capitaine pendant huit ans. Elle a eu un rôle très important pour moi » et son papa, elle n’aura peut-être pas trop le choix : « Je vais veiller à ce qu’elle prenne rapidement le ballon entre les mains ».

L’aventure des Pinks a démarré en 2009, mais elle n’est pas prête de s’arrêter.

Crédit photos : Alain Rauscher

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