SIG Strasbourg – Fenerbahce, cinq ans déjà…

Il y a cinq ans, la SIG Strasbourg réalisait l’un de ses plus beaux exploits européens. Engagée en Euroleague, elle a dès la deuxième journée battu l’un des favoris au titre final, le Fenerbahçe Istanbul. Une rencontre que l’entraîneur de l’époque, Vincent Collet, raconte.

C’était le 23 octobre 2015, « nous venions de perdre face à l’Etoile Rouge de Belgrade une semaine avant. Nous étions allés là-bas sans trop savoir à quoi s’attendre et pour beaucoup de joueurs, c’était leur premier match d’Euroleague. Nous avions pourtant beaucoup discuté de ce premier match mais tant que tu n’as pas été confronté à ce niveau… ». Placée entre deux rencontres de Pro A (Pau, battu quelques jours auparavant 90-79 et Le Havre), le match face au Fener’ arrivait peut-être au meilleur des moments pour Vincent Collet : « Il y avait un esprit de revanche suite à notre première défaite. C’était aussi le premier match à domicile alors les joueurs étaient très motivés et notre adversaire n’était pas encore tout à fait prêt ». Malgré tout, même un Fener’ pas encore à 100% est loin d’être un cadeau, et ce pour n’importe quelle équipe.

Le feu au Rhénus

La SIG Strasbourg abordait pourtant ce match sans complexe. Exploitant les faiblesses observées avant le match par Vincent Collet et son staff, elle démarrait bien la rencontre : « Nous avions observé quelques failles dans leur jeu. Nous avons rapidement réussi à les exploiter ce qui nous a permis de marquer quelques paniers à trois-points par Kyle Weems (22 points à 4/5 de loin). Cela a bien lancé le match ». Plus globalement, le sélectionneur national estime que son équipe était « dans un très bon jour et portée par une adresse incroyable ». Au relai de Weems, on trouvait ensuite Rodrigue Beaubois, lui aussi auteur d’une grande partie : « Avant la pause, Rodrigue inscrit trois paniers à lui tout seul. Dix points qui nous permettent de prendre de l’avance à la mi-temps ».

Mener à la pause, déjà un exploit. Mais la SIG Strasbourg et son entraîneur d’alors ne voulaient pas s’arrêter là : « Cela ne suffisait pas d’être juste mobilisés, nous devions rester concentrés et continuer à jouer malgré le fait que notre adversaire allait vraiment hausser et durcir son jeu ». Et quand les Turcs soufflaient sur la nuque des Alsaciens avant la fin du troisième quart-temps (60-56), Kyle Weems et Rodrigue Beaubois reprenaient feu : « Rodrigue a recommencé au début du quatrième quart-temps, au moment où je pensais que nous allions avoir du mal à terminer le travail. Même jusqu’à quatre minutes de la fin, je me demandais quand ils allaient revenir. Mais à la fin, ce sont eux qui ont craqué ». Un panier de Frank Ntilikina venant même ajouter encore plus d’euphorie à cette belle soirée.

Le début d’une incroyable saison

Ce soir d’octobre 2015, tous les fans de la SIG Strasbourg s’en souviennent et l’entraîneur du Fener’, Zeljko Obradovic aussi s’en est rappelé quelques temps : « J’ai reparlé de ce match avec Obradovic quelques temps après. Il m’avait dit que cette défaite les avait aidé à démarrer leur saison. Après tout, ils sont allés jusqu’en finale. Et après le match, ils ont fait de la vidéo jusqu’à trois heures du matin ».

Un souvenir tranchant avec le sentiment ressenti par Vincent Collet au moment de savourer la victoire : « J’ai ressenti des choses simples, du bonheur tout simplement. Nous savions bien sûr que nous n’étions pas meilleurs que le Fener’, mais nous avons toutefois réussi à l’être ce jour-là. Et c’est ce que nous demandions aux joueurs en fin de compte. Et puis cette victoire a été partagée avec le public et aujourd’hui, les gens en parlent encore ».

Au final, ce match n’était qu’une rencontre d’Euroleague, casée entre deux matchs de Pro A. Mais cette performance a su fédérer le groupe pour l’emmener, quasiment, sur un sommet européen quelques mois plus tard : « Cette victoire nous a apporté beaucoup de confiance collective, même si c’est finalement toute cette campagne qui nous a poussé. Il faut rappeler que nous jouons la qualification lors du dernier match à Madrid. Si nous gagnons, nous nous qualifions à la place du Real. Il y avait peu de chances et ce n’est pas arrivé, mais il faut tout de même le souligner. L’équipe était très belle et il  y a eu des passages difficiles à la fin de la campagne d’Euroleague. A l’époque, ce n’était pas une saison régulière alors les joueurs étaient plus mobilisés par cette compétition que par le championnat, mais nous avons su nous regrouper, nous fédérer. Puis, nous avons connu le parcours en Eurocup en sachant que nous pouvions reproduire ce type d’exploits et jouer tout le monde les yeux dans les yeux ».

Crédit photo : Audrey Feltz

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