Un homme dans le derby, Raphaël Martial

Trois ans à Holtzheim, deuxième saison au WOSB, Raphaël Martial connaît parfaitement les deux clubs. Samedi soir, il vivra un nouveau derby de Nationale 2 mais ne fera, pendant 40 minutes au moins, pas ou peu de sentiments pour son ancienne formation.

Son arrivée à la Vogesia Holtzheim en 2016 correspond avec son arrivée en Alsace. En provenance de Dijon, il rejoint le club de la CUS, alors encore engagé en Nationale 3. Mais l’ambition est déjà présente, que ce soit du côté du joueur, ou du club : « J’arrivais de Dijon donc je découvrais également l’Alsace. Jusque-là, je jouais plus en Nationale 3 et en région, mais j’avais le projet de jouer en N2. Je m’en étais rapproché à Tours pendant deux ans, mais par deux fois, nous avions manqué la montée de peu, en terminant deuxièmes et troisièmes. Holtzheim était mon premier projet basket où je réalisais mon objectif, à savoir monter en Nationale 2. C’était un aboutissement niveau basket ». Cette accession en Nationale 2 ne s’était bien sûr pas faite aisément. Encore moins a-t-elle été offerte aux joueurs de la Vogesia. Cette saison 2016/2017, Raphaël et ses coéquipiers étaient notamment opposés à Mirecourt, grandissime favori pour la montée. Avec Moussa Touré, ils parvenaient à enchaîner les succès et cette montée marquait une des premières étapes de la structuration du club d’Holtzheim : « Quand je suis arrivé, nous jouions encore dans l’ancienne salle. Mais nous sentions que le club était prêt à monter à d’un niveau, que ce soit en matière sportive et organisationnelle. Durant la saison, nous nous étions fait une promesse avec Moussa, celle de monter. Avec les objectifs du club, nous étions doublement motivés durant toute la saison ».

Direction le WOSB

Pourtant, après trois belles années, l’aventure du côté de la Vogesia touchait à sa fin et Raphaël allait voguer vers d’autres horizons, toujours bleus par contre. Il rejoindra le WOSB et parvient à rester en Alsace, où il est désormais bien installé : « Je me sentais bien en Alsace et avec ma famille, nous ne nous voyions pas partir aussi vite. Je savais que j’allais rester dans le coin alors quand l’opportunité du WOSB s’est présentée, je n’ai pas hésité ». Sans réellement le savoir à ce moment-là, il allait connaître une saison quasi-parfaite et qui aurait pu être unique dans l’histoire du club. L’arrêt du championnat a pourtant tout achevé, bien trop tôt : « On essaie de tourner la page, mais il reste quelques regrets malgré tout. Nous signons une belle série de victoires et la  cohésion entre nous, joueurs et staff, était presque unique. Surtout, au début de l’été, si on m’avait dit que j’allais connaitre une telle saison, je ne l’aurais pas cru. C’était exceptionnel. Nous sentions que c’était l’année où l’on pouvait réaliser un gros coup ».

A présent tourné sur cette saison 2020/2021 qui sera forcément différente, Raphaël reste confiant malgré deux défaites lors des cinq premières journées. L’expérience passée plaide aussi en faveur de l’intérieur : « Ce début de saison ne m’inquiète pas. Nous sommes bien sûr conscients que cette saison sera très différente de la précédente. Mais en comparant les débuts de saison, on s’aperçoit que nous sommes dans le mêmes temps. Et avec le travail qui reste à effectuer, nous pouvons être confiants pour la suite. L’an passé, c’est grâce à notre travail après les défaites face à Lons et Tremblay, lors des tous premiers matchs, que nous avons atteint les sommets ».

Autre élément à prendre en compte cependant, la poule D de Nationale semble s’être bien homogénéisée, rendant chaque match plus compliqué, à commencer par celui de samedi face à Holtzheim : « La poule est plus forte. Il n’y a que des équipes de N2 confirmées, voire même d’un niveau supérieur comme La Charité ou encore Beaujolais. C’est plus costaud et la grande majorité des équipes se sont renforcées et elles se connaissent toutes ». Contre son ancien club, Raphaël est pourtant concentré à 100% sur le WOSB et abordera le derby avec moins de pression que les précédents : « La grosse différence, ce n’est pas juste que je joue face à Holtzheim. J’habite là-bas, mon fils y joue, donc ce match ne se résume pas à mes trois saisons passées à la Vogesia. L’année dernière, c’était particulier, j’avais un peu plus de pression. Maintenant, cela a changé et j’essaie de ne pas m’en mettre de trop. Si je suis à 100% pour le WOSB, je regarde toujours d’un œil attentif les résultats d’Holtzheim. Mais dès que le match va commencer samedi, je ne penserai pas à tout cela et serai totalement concentré pour gagner ». Pour marquer encore un peu plus son histoire entre les deux clubs.

Crédit photo : Florent Ott

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