Amanze Egekeze(BCGO), le bon endroit, le bon moment ?

Il a joué au Japon, en Grèce et va découvrir la France cette saison. Avec Gries, Amanze Egekeze (24 ans, 2m03) pourrait bien s’avérer être une des révélations de la saison.

Le basket est le sport qui a toujours fait partie de la vie d’Amanze. D’origine nigériane, il s’adonnait tout d’abord à sa passion avec ses amis, avant de démarrer d’une manière plus organisée à l’âge de 12 ans : « Plus jeune, je jouais toujours au basket. J’ai bien voulu essayer le football américain, mais ma  mère ne souhaitait pas me voir pratiquer cette discipline. Elle avait peur que je me blesse ». Difficile d’en être certain à 100%, mais Amanze a sans doute eu une bonne idée de suivre les conseils de sa maman. Rapidement très en vue lors de son passage à Huntley High School, il rejoignait l’université de Belmont dans le Tennessee. Avec les Bruins démarraient quatre saisons où le jeune ailier fort allait connaître une réelle évolution sous la houlette de son coach, Ryck Bird.

La foi dans son shoot

« A Belmont, nous avions chaque année une bonne équipe, avec de bons et talentueux joueurs. Nous avons remporté beaucoup de rencontres, mais mon meilleur souvenir restera certainement la March Madness lors de ma première année. Nous avions pu jouer face à Virginia ». Une défaite à la clé, certes, mais un concentré d’expériences et d’apprentissages pour Amanze et ses coéquipiers. Des souvenirs en primes, mais une petite pointe de regrets aussi : « Ne pas avoir participer au tournoi universitaire final durant les trois années suivantes me laisse malgré tout un petit regret. Chaque saison, nous étions les favoris de notre conférence. Nous dominions la saison régulière mais lors du tournoi de qualification (considéré comme une université mid-major, Belmont devait gagner un tournoi de qualification pour accéder à la March Madness – ndlr), nous n’arrivions pas à concrétiser et nous  nous faisions éliminer ».

Ça, c’était pour le côté collectif. Individuellement, Amanze profitait de ses contacts avec Rick Byrd, un des entraîneurs les plus titrés en NCAA, pour progresser. Sa présence à la tête de l’équipe universitaire fut d’ailleurs la raison principale pour laquelle il a décidé de rejoindre son programme : « Je suis allé à Belmont pour Ryck Bird. Il a été très important pour moi m’a beaucoup aidé à devenir le joueur que je suis aujourd’hui ». Avec principalement une facette que le jeune joueur a pu développer durant ces années : « A Belmont, tout le monde shootait à trois-points. En arrivant là-bas, j’en avais les capacités mais je n’utilisais pas cette facette de mon jeu. Le coach m’a mis en confiance et m’a dit de shooter, toujours et encore ».

Japon, Grèce, France trois expériences totalement différentes ?

Cette façon de jouer, devenue commune aujourd’hui, Amanze l’exportait à la fin de son cursus universitaire jusqu’au Japon. Trois clubs au sein d’une saison, une destination qui peut surprendre aux premiers abords mais lui était conscient de son choix. Surtout, il savait que le Japon pouvait représenter une vraie expérience baskettement parlant : « Aller au Japon était une opportunité unique. A la base, cela s’est fait de par une personne avec qui je m’entraînais. Il me dit qu’il a de bonnes relations avec les équipes là-bas et que cela pourrait être intéressant pour moi. J’aurais la possibilité de jouer librement et de me préparer pour viser un championnat plus élevé. Le niveau n’était pas aussi élevé qu’en Europe mais la ligue japonaise reste une compétition très bien organisée. Et puis, j’ai pu jouer et développer mes compétences à l’aile ».

Après Yokohama, Ryukyu et Niigata, (21 matchs au total), Amanze vivait sa première expérience en Europe. Et quelle expérience avec le PAOK Salonique.  La découverte de la première division grecque, du derby de Salonique, de la Champions League. Mais aussi des difficultés, sportives et extra-sportives. Dernier de la ligue, de leur groupe de BCL, salaires impayés, … Malgré tout, une année qui marquera le joueur pour longtemps, avec peut-être plus de points positifs qu’on ne pourrait le penser : « La situation était compliquée. Mais, j’ai grandi et beaucoup appris. J’ai pu évoluer dans le top niveau européen. Et la ville de Salonique est très belle. Sans parler de leurs fans ».  

Des fans, des vrais, il en retrouvera à Gries. Le petit village du Nord-Alsace sera une nouvelle étape dans la jeune carrière d’Amanze et une expérience de plus dans une année si spéciale. Fan de la première heure de Scottie Pippen, mais surtout Kobe Bryant, le début de l’année 2020 a été compliqué avec la disparition de la star américaine :« Ils ont été des inspirations pour moi. J’ai grandi avec eux et depuis janvier, j’ai vraiment beaucoup de mal à croire à ce qui est arrivé. C’est dur ». Maintenant, il espère vivre des moments plus joyeux et la Forest Arena pourrait bien être l’endroit idéal. Dans un championnat qu’il avoue déjà connaître il sait également beaucoup de choses de l’histoire récente du BCGO, « Gries a connu de nombreux succès les dernières années. Des titres de champions, mais aussi les Playoffs. J’espère d’ailleurs que nous pourrons à nouveau les atteindre cette saison ». Se définissant comme un « joueur d’équipe », il est conscient que les choses se mettent peu à peu en place pour la prochaine saison : « La COVID-19 ne facilite pas les choses. La reprise du championnat approche et nous sommes toujours en train de monter en puissance, de trouver notre rythme. Mais j’apprécie mes coéquipiers, le jeu qu’essaie de mettre en place le staff ainsi que toute l’ambiance qui règne au sein du club ». Soucieux de trouver une stabilité qui lui manquait depuis son départ de l’université, il semble plutôt bien s’adapter en France : « J’apprécie beaucoup la vie ici. Je suis encore en phase de découverte, je visite beaucoup de choses.  Je suis impatient de disputer ma première rencontre à domicile. Découvrir la salle un soir de match, j’ai hâte. Et ce qui m’a le plus surpris ? Peut-être le peu de personnes qui parlent anglais (rires) ». 

Mais à Gries plus qu’ailleurs, c’est à travers son basket qu’Amanze parviendra le plus facilement à communiquer avec les gens.

Crédit photo : Myriam Vogel

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