Emmanuel Nérome, passion de famille

Il a démarré le basket tout petit pour aujourd’hui diriger l’équipe 2 de Furdenheim, en Nationale 3. Retour sur le parcours d’Emmanuel Nérome.

« C’était induit ». Voici comment, d’entrée, Emmanuel résume son arrivée dans le basket. Fils de basketteurs, frère de basketteurs, tout le monde en somme dans sa famille pratique ce sport. Un court passage par le football mais il retrouvait rapidement la balle orange, comme si « c’était ancré dans mes gênes ». Sportivement, sa carrière démarrait à Saint-Jo’, avant de virer vers l’AUS à Schiltigheim : « J’y ai fait mes classes jusqu’en séniors où j’ai connu la montée en Nationale 2. C’était un peu inespéré, pour le club et pour nous car nous étions avant nous une bande de potes et nous ne nous posions pas trop de questions ».

L’apprentissage à Schiltigheim et Holtzheim

La trentaine arrivant, Emmanuel souhaitait profiter de ce bel âge pour se lancer dans un nouveau rôle au sein de l’équipe, celui d’entraîneur. Du moins, d’assistant dans un premier temps. L’envie de transmettre et de se former dans le domaine étaient fortes et il profitait des conseils de Thierry Boess à l’AUS tout d’abord : « J’avais l’envie d’être formé. Thierry est titulaire du BE2, j’en avais entendu de très bons échos et mon envie était d’apprendre à ses côtés, de voir comment il manage un groupe, sa stratégie et comment il l’amenait auprès de ses joueurs ». Et le jeune coach n’allait pas être déçu : « Thierry aimait dire qu’il est plus un entraîneur qu’un manager, mais j’ai trouvé que c’était un vrai leader, qu’il arrivait à faire passer son message et sa philosophie de basket. Très vite, il m’a permis de voir le monde du coaching, de découvrir les différentes facettes, options et tendances offensives et défensives. Durant cette période, j’ai pu m’initier à un module sur la vidéo. Je m’en sers encore aujourd’hui pour analyser les tactiques adverses, mais aussi en interne pour en discuter avec les filles ».

Deux ans du côté de Schiltigheim avant de prendre le chemin vers Holtzheim. Cette fois, le mentor s’appelait Eric Zimmer et le rôle d’Emmanuel évoluait : « Nous sommes de la même génération donc mon intégration au sein du staff s’est faite rapidement et facilement. Sur les philosophies de jeu, nous nous sommes retrouvés. J’avais en fait un vrai rôle de coach bis. Il m’a laissé une vraie place dans le groupe, ce n’était pas que de l’audit. Il m’a toujours dit que nous étions deux à coacher, qu’il ne voulait pas d’un assistant qui gère uniquement les échauffements ou la vidéo ». Mais en fin de saison 2019, l’aventure d’Eric Zimmer à la Vogesia se termina. Patrice Koenig prenait sa succession et la question de poursuivre se posait pour Emmanuel : « Je n’étais pas encore assez mûr pour reprendre le groupe et je n’avais pas validé mes UC pour l’obtention du DE. Il fallait un coach qualifié. Patrice est alors arrivé et j’avais échangé avec lui, c’est un très bon ami. Il cherchait un assistant pouvant apporter un côté perfectionnement individuel et cela collait bien avec Alex ».

L’émancipation à Furdenheim

Le temps était alors venu de voler de ses propres ailes, pourrait-on dire. Malgré des contacts avec d’autres formations, c’est auprès de la réserve féminine de Furdenheim qu’Emmanuel posera ses valises. Un vrai challenge pour lui, en championnat de France qui plus est, « la seule inconnue, je ne connaissais pas réellement le groupe ». Les premiers pas se déroulaient bien, et étaient annonciateurs de la bonne saison de sa formation : « Il n’y avait pas d’à priori lors de mon arrivée de la part des filles ou du président. Les dirigeants m’ont laissé carte blanche sur ce que je voulais faire avec le groupe. L’objectif était de se maintenir, mais j’ai pris le challenge en me disant que nous allions tenter d’être les plus compétitives possibles. Les filles ont adhéré à ce projet et cela a été un vrai tremplin pour nous. J’avais alors un peu plus de visibilité et une fenêtre pour proposer ma philosophie basket ».

Et le bilan après la saison ? Quatorze victoires pour deux petites défaites. Avec les nécessités de s’adapter à l’équipe première, évoluant en Nationale 1 : « J’avais beaucoup échangé avec Guillaume Vidot, le coach de l’équipe première. Nous avions fait une partie de préparation ensemble, de façon à ce que je puisse voir ce que lui voulait travailler avec ses filles, mettre des systèmes en commun. J’ai dû m’adapter à ça, mais ça a fonctionné ».

Désormais, en pleine préparation d’une saison 2020/2021 qui sera certainement spéciale, il se fixe un nouveau challenge : celui de faire au moins aussi bien que l’année passée. Pas facile, mais Emmanuel a toute confiance en son groupe : « On sait pertinemment que l’an passé, il y avait l’effet de surprise. J’ai instauré le jeu rapide, de transition. Les 6-7 premières secondes sont celles de mes joueuses et si elles peuvent marquer sur ce laps de temps, je prends. Nous n’aurons plus cet effet la saison prochaine mais j’aimerais rester dans le Top 3 ou Top 5 de la poule, même si nous n’avons pas l’objectif de monter en Nationale 2 ».

Formateur dans l’âme, Emmanuel se voit encore poursuivre quelques années dans le basket féminin, qu’il apprécie grandement : « J’ai développé cet amour du jeu féminin, plus lent et moins athlétique que le basket masculin, mais nous arrivons à mettre en place les choses très rapidement. Les filles sont plus appliquées, beaucoup dans la passe. Parfois trop même (rires). J’en ai en tout cas été surpris à mon arrivée. Et puis moi-même, j’ai été beaucoup dans l’écoute des filles et du groupe. Je voulais toujours être au plus près d’elles et ce que je vis actuellement me convient pleinement ». La porte n’est toutefois pas fermée pour se tourner vers de nouvelles aventures : « J’ai cette âme de la vie associative, de par mon métier (Emmanuel est directeur du Centre Social et Familial de Wasselonne) ou en observant mon père à Obernai. Si je dois me projeter, je serai toujours dans le coaching je pense. Je reste aussi formateur, j’ai commencé par cela et j’aime ça. Alors peut-être sur des équipes plus jeunes, en championnat de France ou en région ». Ou à Furdenheim tout simplement, là où pour le moment il peut profiter de sa passion.

Crédit photos : Alain Rauscher

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