Zach Ngue Nogha, entre mode et basket

De ses débuts à l’AUS jusqu’à Sacramento, le jeune Zach Ngue Nogha (21 ans) a vu du pays, baskettement parlant. Désormais, c’est vers de nouveaux horizons qu’il va se tourner pour faire carrière dans le mannequinat.

Une belle affaire de famille. Voilà, en quelques mots, comment nous pourrions décrire ses débuts dans le basket. A tout juste trois ans, il posait ses premiers pas sur les parquets de l’AUS (Schiltigheim). Un virus que lui avait transmis son grand frère, figure du club, et qui était une vraie source d’inspiration pour lui : « C’est en grande partie grâce à mon grand frère que j’ai démarré le basket. J’essayais d’être présent à tous ses matchs ». Du talent, il y en a clairement dans cette fratrie alsacienne. Si le grand frère faisait trembler les paniers en Nationale 3 et Nationale 2, Zach marchait dans ses traces. Sa dernière année de benjamins terminée, il suivait son ami Léo Afanayong à l’USA (Union entre le club de l’Electricité de Strasbourg et le club de Saint-Joseph) : « Pendant deux ans, j’ai pu jouer en championnat de France minimes. Par la suite, je suis retourné à l’AUS deux saisons pour jouer en Nationale 3, avant d’intégrer le centre de formation de la SIG Strasbourg en cadets France ». Un nouvel épisode de deux années qui marqueront Zach, « Je ne retiens que du positif de mes deux années passées à la SIG sous les ordres d’Abdel Loucif en cadets France mais également en Pré nationale puis en Nationale 3 avec Ludovic Kayser » et lui permettront d’obtenir son baccalauréat scientifique en 2017. Le point de départ d’une première aventure.

Diplômé, Zach visait toujours plus haut. Ambitieux malgré son jeune âge, le jeune strasbourgeois redoutait très peu de choses et traverser l’Atlantique et l’ensemble des Etats-Unis n’en faisaient pas partie. Visant le professionnalisme dans son sport de prédilection, il décidait de quitter le sol français et le centre de formation alsacien pour rejoindre la Californie et plus précisément, Sacramento : « L’objectif d’être un jour un joueur professionnel a toujours été dans ma tête. J’ai toujours eu l’envie d’aller plus loin dans le basket, et de voir de quoi j’étais capable. Quand on est jeune, on pense forcément à jouer pour des universités américaines, et on rêve d’un jour être drafté en NBA. J’ai toujours voulu vivre le rêve américain et tenter l’expérience, c’est pour cela que j’ai pris mon courage à deux mains et que je suis parti à Sacramento en Californie ».

Une adaptation express

Son rêve américain était en marche. Sans pression, il s’acclimatait rapidement dans son nouvel environnement. L’anglais ? Pas un problème pour lui. Cette première barrière franchie, il pouvait rapidement nouer des contacts avec ses coéquipiers. Les deux entraînements quotidiens facilitant encore un peu plus son adaptation au système scolaire américain et à la vie sur le campus. Par contre, pour la crème fraîche, aucun de ses collègues ne pouvaient l’aider : « Ce qui m’a le plus surpris, c’est le manque de crème fraîche dans leur plat ! La plupart des américains n’ont aucune idée de ce qu’est la crème fraîche ». Il était peut-être là, son plus gros choc culturel. « Plus sérieusement, j’étais surpris de voir à quel point la mentalité américaine est top. Partout où j’allais, je me sentais bien, les gens sont en général super chaleureux et accueillants, à des années lumières de la mentalité qu’on retrouve à Paris. Les infrastructures sportives américaines sont très performantes, tout est mis en place pour que les sportifs réussissent. La mentalité est aussi différente en termes de volonté et de ténacité. Comme point négatif, je dirai que le fait de devoir prendre la voiture pour chaque déplacement est assez contraignant. Surtout venant d’une ville comme Strasbourg où l’on peut aller d’un point A à un point B à pied ou à vélo », avant de relever un sujet ayant fait les gros titres ces dernières semaines : « L’autre élément qui m’a surpris a été de voir à quel point la peur de la police est présente chez les jeunes Afro américains ».

Ces deux saisons outre-Atlantique avec les Wolverines de Sierra College ont été satisfaisantes pour Zach. 52 matchs disputés au total (28 puis 24 en 2019/2020), avec des statistiques croissantes : de 4,3 à 7,5 points de moyenne, 2,6 et 4,4 rebonds et de 0.5 à 1 passe décisive par match. Et en analysant au-delà des chiffres, c’est mentalement qu’il a progressé : « Mes deux années aux États-Unis m’ont vraiment fait grandir mentalement. Mon coach était réputé pour être très dur et pour forger des hommes sur le terrain, mais également des hommes dans la vie quotidienne. Au premier entraînement de la pré saison, nous étions 18 joueurs. Le coach nous a tout de suite averti que ce n’est pas parce que nous sommes dans l’équipe aujourd’hui qu’on allait toujours être dans l’équipe à la fin de l’année. Beaucoup de joueurs abandonnaient au fur et à mesure car ils n’arrivaient pas à tenir le rythme. A la fin de la saison, nous étions plus que 11 joueurs, à croire qu’on était dans Koh Lanta. Les entraînements étaient difficiles, et pour jouer il fallait en plus maintenir de bonnes notes en cours. Je n’ai jamais autant travaillé que lors de ces deux années ».

Le prix à payer pour se faire une place sur les parquets américains. La suite, elle devait se faire à l’université. Cependant, la pandémie de COVID-19 changeait quelque peu les plans de Zach. Ou plutôt, les précipitait : « Mon but à la fin de la saison était de me faire repérer lors des showcases (tournois de fin de saison américains). Les neuf plus gros tournois de Californie ont été annulés, ce qui a anéanti mes chances d’entrer dans les grandes universités américaines. Malgré cela, j’ai quand même été sollicité par le coach de l’université de McGill à Montréal, qui est une université canadienne très réputée ».

Changement de voie

Le Canada ne sera cependant pas son prochain point de chute. Sa carrière, Zach devrait la poursuivre en Californie. Sans ballon dans les mains mais derrière les objectifs : « J’ai commencé le mannequinat quelques mois avant de partir aux États-Unis, avec la Fashion Week de Strasbourg et c’est en venant aux États-Unis que cela a pris de l’ampleur. Ce milieu m’a énormément plus. J’ai effectué la Fashion Week de Sacramento et par la suite j’ai été contacté par une agence de mannequinat de Los Angeles qui m’a proposé un contrat ». Un choix qui peut paraître surprenant pour certains, mais qu’importe. Zach y a réfléchi et cela ressemble pour lui, en quelques sortes, au fameux rêve américain. Cette envie avait même déjà germé en lui depuis quelques mois, voire années, et ses proches le soutiennent pour qu’il vive cette expérience à fond : « On m’a souvent conseillé de me lancer dans cette voie, en parallèle du basket. Je pense de toute manière que j’aurais postulé dans plusieurs agences européennes, histoire de tenter ma chance. Ma sœur m’a toujours poussé à faire du mannequinat, mes parents ne savaient pas vraiment quoi en penser au tout début, car c’est un milieu assez spécial mais au final toute ma famille m’a soutenu et encouragé ». Idem pour ses amis, dont Ludovic Beyhurst, ancien coéquipier au centre de formation de la SIG Strasbourg et à qui il a prêté son image pour faire la promotion de ses créations : « Je pense que Ludo valide aussi mon choix de carrière car il m’a fait poser pour ses customs de chaussures qu’il réalise à côté du basket (@be_yurshoes sur Instagram) ». Des supports importants car pour Zach, « choisir le mannequinat et non le basket a été la décision la plus difficile de ma vie ».

Le programme désormais sera chargé. A travers l’Europe tout d’abord pour différents projets de mannequinat, tout en poursuivant ses études pour obtenir un diplôme supérieur : « Je devais partir pour Los Angeles en septembre pour finir mon diplôme de Business/Marketing mais à cause du virus, je vais devoir effectuer mon premier semestre en ligne de France. Je ferai mon deuxième semestre à LA si tout se passe bien. En parallèle des cours jusqu’en janvier, je vais pas mal voyager en Europe grâce au mannequinat. Je dois dire que j’ai hâte de retourner aux États-Unis pour de nouvelles aventures ! ».

Quant au basket, « Je vais continuer à faire du basket mais en loisir, essayer de maintenir un bon niveau car ça me tient vraiment à cœur. Par contre, devenir coach ne m’a jamais intéressé. Pour moi, c’est joueur ou rien ». Malgré tout, pour ce grand fan de Lebron James, « si mon grand frère a été ma plus grande source d’inspiration au basket étant jeune, mon idole reste à ce jour LeBron James. Je suis un très grand fan et ça beaucoup pourront en témoigner », la porte pour un retour un jour dans le basket reste ouverte. Mais en attendant un éventuel retour, Zach va s’embarquer dans une toute nouvelle aventure, toute aussi excitante.

Crédit photo : Sierra Basketball

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