Loïc Schaeffer, cœur vert

En tant que joueur, Loïc Schaeffer a grandi avec le BCGO et y aura connu toutes les équipes du club. Devenu journaliste aujourd’hui, il continue de suivre de près les exploits des Verts et reste proche de l’effectif griesois.

A Gries, dans ce fief du basket nord-alsacien, difficile de ne pas tomber amoureux de la balle orange. Dès ses cinq ans, Loïc n’y a pas échappé non plus. Pourtant, ni son père, ni ses deux oncles ne pratiquaient cette discipline. Eux, ils étaient plutôt foot et c’était du côté de sa tante, Nathalie qu’il fallait regarder. Aujourd’hui devenue la femme du président Romuald Roeckel, c’est elle qui a transmis le virus au jeune Loïc. Sa première licence, il la prenait avec les Babys du BCGO et sa dernière, c’était avec les séniors : « Je suis un drogué de basket. L’été, je jouais bien sûr au foot de temps en temps, en vacances ou avec mes amis. Mais c’était bien le basket qui me passionnait le plus. Je trouve ce sport tellement complet, et plus esthétique que les autres. Et au fil des années, c’est devenu une affaire de famille. J’allais aux matchs le samedi soir et je baignais dans cette ambiance club depuis tout petit ».

A Gries plus qu’ailleurs, même au sein des jeunes générations, passion rime avec compétition. Cette exigence dès le plus jeune âge, Loïc l’a connue et elle lui convenait, au point de lui donner envie de cumuler les années au sein du BCGO comme il enfilait les paniers. Ses premiers succès sont également arrivés très tôt : « En 2005, nous avons fini champions d’Alsace benjamins en battant Riedisheim, l’équipe d’Hugo Invernizzi. Nous gagnons d’un point, au buzzer. Un magnifique souvenir ».

2005 fut une année spéciale pour Loïc en marquant également un premier tournant pour sa future carrière professionnelle : « J’ai dû choisir entre intégrer le pôle et rester à Gries. J’ai finalement décidé de rester chez moi, choix que je ne regrette pas aujourd’hui. En y réfléchissant, je n’ai jamais réellement eu l’envie d’en faire mon métier. J’adore le basket mais j’avais simplement l’ambition de jouer à un bon niveau ». A défaut de vouloir devenir joueur professionnel, il partagea son vestiaire avec l’un d’eux : « Je fais partie de la même génération que Léo Westermann et nous avons pu jouer ensemble en minimes. Lui est ensuite parti du côté du SLUC quand moi je suis resté en cadets à Gries ». Si ces dernières années les séniors ne se traduisaient pas forcément par des titres, chaque saison apportait son lot d’expériences : « Mes années en cadets région m’ont permis d’intégrer peu à peu les équipes séniors du BCGO. Nous jouions face à la SIG Strasbourg ou Schiltigheim et nous étions toujours à la lutte avec ces équipes dans le haut du tableau. Elles furent pour moi une très belle aventure sportive ».

Au final, en retraçant son parcours, Loïc se sent comme un privilégié : « Gries, c’est le club de mon village. J’ai pu jouer avec de très bons joueurs qui sont devenus des amis et dont je prends encore plaisir à voir aujourd’hui. Gries, c’est du partage, et ce n’est pas qu’une image que le club se donne : ce club propose une vraie ambiance de village et du basket à un très bon niveau. C’est juste parfait de pouvoir pratiquer sa passion dans un tel club ».

De la balle à la plume

S’il poursuivait sa carrière en équipe 2 au début des années 2010, il en démarrait une seconde parallèlement, en devenant correspondant des DNA en 2012 : « Je rédigeais les articles de l’équipe 2 du BCGO. Cela m’a mis le pied à l’étrier ». Pourtant, rien ne le prédestinait à ce choix de carrière : « J’ai démarré avec une fac de mathématiques, mais très vite, j’ai compris que ce n’était pas pour moi ». Le jeune étudiant embrayait alors sur une faculté d’histoire, un autre domaine qui l’intéressait depuis son plus jeune âge. A la sortie de cette dernière, deux choix s’offraient à lui : devenir professeur, « ce dont je n’aspirais pas réellement », ou tenter sa chance avec le concours de journalisme : « Voilà comment ça a pris. Et dès 2014, ayant arrêté de jouer, j’ai commencé à suivre l’équipe 1 de Gries ».

Alors, rester objectif et juste vis-à-vis d’une équipe, d’un club et de coéquipiers qui vous ont tant apporté, est-ce aisé ? « Cela dépend des moments. Lors des fêtes de famille par exemple (le président du BCGO est l’oncle par alliance de Loïc), les discussions reviennent régulièrement autour du BCGO. Certaines choses sont abordées mais doivent rester confidentielles. Heureusement, il y a eu ces dernières années plus de bonnes saisons et de très bons moments, ce qui rendait le travail bien plus facile. L’année la plus difficile fut peut-être la première en Nationale 1. Les premiers mois étaient très compliqués. Mais personne ne m’a jamais fait de remarques. Je pense avoir toujours réussi à faire la part des choses même si nous ne sommes jamais totalement objectifs. Les autres années, il y avait toujours plus de positif, donc c’était assez facile de couvrir Gries, tant bien même je restais impliqué personnellement de par mes liens familiaux et mon histoire dans le club ».  

Parmi ces moments positifs, l’année 2018 restera sans doute gravée longtemps dans la mémoire de Loïc : « Je me souviens très bien du match du titre, un dimanche après-midi, face à Sorgues. C’était génial, même si le match en lui-même ne restera pas dans les annales. Mais derrière, l’effusion de joie restera un vrai souvenir. C’était beau sur le terrain, mais en-dehors également. Il y avait également la victoire face à Saint-Vallier, le match qu’il fallait absolument gagner pour creuser l’écart sur nos concurrents. Une rencontre hachée, sur un petit score, ressemblant à un vrai combat de boxe et qui était superbe à vivre. Mais l’émotion était tout de même moins forte que lors de la rencontre du titre. Et humainement, je suis devenu très proche de certains joueurs cette année-là, comme Romain Hillotte ou Xavi Forcada ».

Cette nouvelle vie au milieu des zones mixtes ou des espaces presse semble en tout cas lui convenir, autant que les terrains de basket. Pourtant, les parquets ne sont aujourd’hui plus sa priorité : « Je ne m’interdis pas de reprendre un jour, mais pour l’heure c’est très compliqué. Mon travail, avec de nombreux déplacements, m’empêchent néanmoins de rejouer de manière sérieuse ». Quant à un avenir au sein d’une entité professionnelle, l’idée a déjà fait son chemin dans son esprit : « Je ne me ferme aucune porte mais pourquoi pas intégrer un club un jour. Le journalisme regroupe plusieurs fonctions que tu peux retrouver au sein d’un club, comme la communication ou le marketing par exemple, alors pourquoi pas ne pas m’investir davantage dans un club dans le futur ».

Finalement, peu importe de quoi son avenir sera fait. Son cœur lui, sera toujours pour les Verts.

Crédit photo : Franck Kobi /KOFRA Photo

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