Ilian Nessaibia, son chemin vers le professionnalisme

Ilian Nessaibia

Ilian Nessaibia (meneur franco-algérien, 1m84, 17 ans), est un des membres de la génération dorée de l’ASSM Pfastatt, Championne de France minimes en 2017. Par la suite, il a fait le choix inhabituel de ne pas intégrer un centre de formation français. Nous avons échangé avec lui, pour retracer son parcours depuis qu’il est parti d’Alsace.

Ilian est né et a grandi à Mulhouse, « j’ai commencé le basket très jeune au BC Kingersheim puis, j’ai continué à l’ASSM Pfastatt où, en benjamins, on a été deux années de suite champion d’Alsace et, ensuite, champion de France en minimes. » Il se démarque assez tôt en étant, notamment, MVP du Tony Parker Camp en 2016. En terme de profil, il s’agit d’un meneur qui, plus jeune, a commencé sur les postes d’arrière ou d’ailier. « Je jouais à l’époque davantage sur mes qualités de puissance et d’explosivité. Maintenant, j’essaie de davantage organiser le jeu et d’avoir une vision plus tactique. Je commence aussi à rentrer mes shoots et avoir une vraie qualité de passe. Comme je suis puissant, la défense est une de mes grandes forces. Depuis tout petit, LeBron James est un modèle, de part sa polyvalence et son style de jeu en puissance. J’apprécie évoluer dans un rythme de jeu très rapide, où on se tourne vite vers le panier, j’ai eu l’habitude de jouer comme ça avec mes précédentes équipes. » À l’issue de ses années à Pfastatt, plusieurs centres de formation français sont intéressés par son profil, mais il fait le choix inhabituel de les décliner. « Je ne voulais pas faire comme tout le monde, puis, avec mon père on trouvait que le pourcentage de réussite des centres de formation en France était très bas… On se rendait compte que la majorité des joueurs rejoignent un centre de formation puis reviennent dans leur club local deux-trois ans plus tard pour jouer en NM2 ou en NM3. » 

Son père, Azzedine Nessaibia, président du BC Kingersheim, ainsi que de l’association Kids Game Basket (tournoi international annuel ouvert aux U13, U15 et U17),  lui permet de faire un test pour l’Étoile Rouge de Belgrade qui s’avère concluant. « On s’est dit que partir en Serbie était une bonne idée, que ce soit d’un point de vue humain ou basket. Cela me permettait d’apprendre l’anglais et surtout de devenir plus mature. J’ai fait plusieurs tests, puis on m’a proposé d’intégrer le groupe pour deux ans.  » À 15 ans, Ilian part vivre dans un nouveau pays, seul et sans parler la langue. « En plus, en Serbie, on te responsabilise très vite au centre de formation. On était par exemple libre de sortir le soir, il fallait que je m’organise et que je sois rigoureux pour être performant. Je vivais à Belgrade dans un campus avec tous les joueurs. L’équipe regroupait les meilleurs joueurs des Balkans. » D’un point de vue basket, c’est aussi un vrai changement. « C’était un style de jeu très différent de la France. J’ai trouvé les coachs plus sévères, mais surtout il y a bien plus de contacts. En France, des fois, quand je pénétrais, j’avais très rapidement la faute. En Serbie, il fallait vraiment que je reçoive un énorme coup pour aller sur la ligne des lancers francs ! Les entraîneurs serbes étaient focalisés sur la technique et la force. Dans mon équipe, la moitié, au moins, étaient des internationaux serbes ou des pays des Balkans. » Lors de sa première année, pendant les matchs de pré-saison, il affronte des équipes internationales, venant notamment de Chine ou d’Argentine et gagne la confiance de son coach. « Au début, c’était compliqué de s’adapter mais je me suis accroché et j’ai gagné ma place. » En parallèle, en 2019, il dispute le Championnat d’Afrique U16 au Cap-Vert sous les couleurs de l’Algérie. « C’était aussi une expérience enrichissante mais cela a été compliquée. Je venais de finir ma saison en Serbie, j’ai pris plusieurs avions pour finir par arriver à Alger, exténué. J’ai directement fait un entraînement avec une équipe où je ne connaissais pas un seul joueur, ni le coach ! Finalement, on a préparé ce tournoi en quelques jours. Je me suis rendu compte que, même dans un niveau moins élevé, cela peut être compliqué si on n’a pas les automatismes avec ses coéquipiers. » L’Algérie perd l’ensemble de ses 5 matchs durant la compétition et Ilian manque de repères (8,4 points, 4 rebonds en 25 minutes). « Le style de jeu comparé à la Serbie cela n’avait rien à voir… Si on avait eu plus de préparation, je pense, on aurait eu de meilleurs résultats. Moi le premier, j’étais à la rue car je n’avais pas d’automatismes ! »

Après deux années complètes où il occupe un rôle majeur dans l’équipe serbe (première année U17 15 points 6 rebonds 5 passes et deuxième année U17 18,8 points, 4 rebonds et 7 passes), L’Étoile Rouge souhaite le conserver, mais il décide de partir, notamment pour des raisons scolaires. « Je faisais deux à trois entraînements par jour mais, seulement, trois à quatre heures de cours par jour. Très peu de joueurs réussissent donc, en cas notamment de blessure, il me faut une deuxième option. C’était vraiment important pour mes parents que j’ai un diplôme qui me permettra ensuite d’aller à l’université. » L’an prochain, Ilian a donc décidé de rejoindre l’équipe de Lausanne, les Pully Lausanne Foxes, pour jouer en première division suisse. « L’avantage de la Suisse c’est que cela me permettait de poursuivre un double cursus. J’intégrerai un lycée privé dans une classe de cinq à six élèves pour que je passe ma Maturité, l’équivalent du bac. Cela me permettra d’intégrer ensuite l’université de mon choix en Suisse. En plus, je pourrai continuer à progresser au basketball en jouant en seniors, en première division suisse, qui est d’un niveau équivalent à la NM1 ou, pour les meilleures équipes, au bas de tableau Pro B. Mon premier objectif c’est de mener une carrière professionnel dans le basket, mais je sais que c’est compliqué. Je dois encore progresser dans tous les domaines, mais particulièrement sur ma main faible, la main gauche et mon shoot. L’an prochain j’aurai du temps de jeu, charge à moi de faire mes preuves et montrer ma valeur. J’aimerai, déjà, m’imposer en première division suisse. »

Crédit Photo : Jean-Laurent Soltner / MPBA

Une réflexion sur “Ilian Nessaibia, son chemin vers le professionnalisme

  • 13 juillet 2020 à 23 h 28 min
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    Très très interessant ce jeune homme. Il fait preuve de maturité et de persévérance, les capacités principale d’un bon athlète ! Nous lui souhaitons que de la réussite dans sa vie et je viendrais voir un de ses matchs le plus rapidement possible !!!
    Ton Bro 😉
    Luca Varaschin

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