Franck Seguela, le rugby dans les gênes, le basket dans les mains

Pour Franck Seguela, jeune ailier de 23 ans et 2m00, Gries ne sera pas le coup d’essai en Pro B. Avant de rejoindre ses nouveaux coéquipiers et de découvrir la chaude ambiance de la Forest Arena, il a déjà pu évoluer dans cette division avec Chartres. Mais c’est bien avec le BCGO qu’il souhaitera s’imposer, avant de viser encore plus haut.

De Dijon à Bayonne, les premières années de Franck et sa famille étaient dictées par la carrière de son père, joueur professionnel de rugby. Beaucoup de choses portaient alors à croire que son futur (et celui de son frère, Thomas, également basketteur professionnel) allait se tourner vers le ballon ovale. Et pourtant, sur les « conseils » de leur maman, les deux frères se tournaient vers le basket : « Ma mère souhaitait que mon frère et moi fassions un sport de salle. Elle ne supportait plus d’être dehors sous la pluie (rires) ». Son avenir venait en partie de s’écrire. La balle orange, Franck ne la lâchera plus et de ce sport qui le passionnait tant, il allait en faire son métier. Mais à cet âge-là, difficile pour lui de s’imaginer cette suite. Doué, il intégrait le centre de formation de l’Elan Béarnais, à 14 ans : « Etant originaire du sud-ouest, le club dont on parlait souvent c’était l’Elan Béarnais. C’est d’ailleurs le seul centre où j’ai fait des tests. Ils étaient intéressés par mon profil, alors tout s’est fait naturellement. C’était inutile pour moi de chercher ailleurs, Pau est en plus à une petite heure de route du domicile de mes parents alors tout était réuni pour que j’atterrisse là-bas ».

Cette période paloise durait six ans. Six belles et longues années qui lui permettaient de grandir, sur et en dehors des terrains : « J’ai fait six ans au centre. J’y suis rentré lorsque j’étais en troisième et je n’étais alors qu’un enfant. Mais nous étions bien entourés. J’ai pu me structurer en tant qu’homme, dans ma vie personnelle et d’athlète. J’y ai trouvé les conditions sportives et éducatives que je recherchais si bien qu’en sortant du centre, j’étais prêt à vivre ma vie. Sportivement, nous avions une très belle équipe. Nous nous entrainions dur, avec de la concurrence et nous avons gagné des titres durant ces années ». En 2017, l’aventure prenait fin. Deux petites apparitions en Jeep Elite mais Franck prenait la route de Cognac pour y poursuivre sa carrière, en Nationale 2. Un choix assumé et qu’il referait très certainement aujourd’hui : « Je n’ai pas pu m’exprimer en Jeep Elite avec Pau, mais cela ne m’empêche pas de continuer à viser haut. A ma sortie du centre, rejoindre Cognac n’a pas été un choix compliqué ou par défaut. Je me fie à mes sentiments et mes valeurs. Après une bonne dernière saison en espoirs (14,8 points et 6,2 rebonds de moyenne), partir évoluer en Nationale 2 n’est pas dérangeant. Je considérais ça comme une nouvelle année espoirs. J’ai pu jouer, grandir et me jauger face à des joueurs plus âgés. Au final, c’était une superbe année. Je ne regrette rien j’ai pu grimper des paliers peut-être plus rapidement que si j’avais été dans une autre division ».

Premier arrêt en Pro B

Sa bonne saison sur les bords de la Charente attirait l’œil et c’est à Chartres que Franck retrouvait le monde professionnel. Conscient de ses qualités, « Je savais que je pouvais m’exprimer en Pro B », sa première rencontre avec cette division se soldait sur une relégation. En 32 matchs, il affichait 1,9 point et 1,9 rebond de moyenne. Trop peu pour lui, qui décidait alors de redescendre d’une marche : « Après une année compliquée à Chartres, il était logique de redescendre en Nationale 1. Je pouvais y retrouver un rôle plaisant et du temps de jeu. Au final, cette saison à Angers m’a permis de montrer mes qualités et d’afficher un bon niveau. Je suis heureux de voir la tournure qu’ont pris les choses avec l’EAB, mais je ne me contente bien sûr pas de ça ».

Une dernière phrase qui prend tout son sens lorsqu’on évoque la saison prochaine, que Franck disputera sous les couleurs de Gries : « Mes principaux objectifs en rejoignant le BCGO seront de progresser et de continuer à travailler. Je souhaite faire preuve de mes qualités dans les niveaux supérieurs ». Si statistiquement, il ne se fixe pas de chiffres à atteindre, Franck ne sera pas moins exigeant quant à ses performances pour aider son équipe à se maintenir, voire plus : « J’ai envie de me développer et de gagner la confiance du coach. L’objectif commun sera de gagner un maximum de rencontres pour maintenir Gries en Pro B. Si on peut se mêler à la lutte et pourquoi pas, retrouver les Playoffs, ce serait une vraie saison réussie. Nous allons embêter beaucoup d’équipes je pense car notre collectif est bien construit et sera compétitif ».

S’il n’a que très peu mis les pieds en Alsace pour le moment, « simplement pour des matchs à Strasbourg avec Pau ou à Gries quand je jouais à Chartres », il retrouvera dans le Bas-Rhin plusieurs amis, à commencer par Jérémy Bichard à Gries, lui aussi en provenance d’Angers : « Retrouver Jérémy à Gries est une bonne chose. Mais il y aura aussi Léopold (Cavaliere, nouveau joueur de la SIG Strasbourg) que j’ai connu à Pau ou encore Timothé Vergiat (BCS) avec qui je joue en 3×3. Savoir que j’ai des amis dans la région est un plus, mais ce n’est bien sûr pas ce critère qui m’a fait choisir Gries. J’avais le choix entre le BCGO et d’autres équipes en Nationale 1. Au départ, j’attendais de voir si les contacts étaient sérieux mais le coach m’a montré un réel intérêt. Le style de jeu mis en place ainsi que la salle, réputée pour être chaude, m’ont aussi poussé à rejoindre le club ».

Son ambition dans le 3×3

En attendant de retrouver le parquet de la Forest Arena pour démarrer la nouvelle saison, Franck a pris part le week-end du 27/28 juin au premier tournoi officiel de 3×3 de la saison, au Cap d’Ail. Un retour sur les terrains qui a enchanté l’ailier, en réel manque de jeu. Surtout, cela a permis de se rendre compte que sa soif de victoires ne s’était pas envolée durant son confinement : « Pendant le confinement, je me maintenais en forme à Angers. Mais dans mon appartement, ce n’était pas facile, moi qui suis habitué aux grands espaces des Landes. Alors, dès que j’ai eu la possibilité de rentrer chez mes parents, je l’ai fait. Là, j’ai pu reprendre la compétition avec le 3×3. Ça fait énormément de bien ».

Défait en finale, Franck en ressort malgré tout le positif, à savoir ressentir le goût de la compétition : « Ce qui m’importe dans le basket, c’est la compétition. Retrouver cette sensation de jouer contre quelqu’un, avec un enjeu réel de victoire, je n’attendais que ça depuis deux ou trois mois ». Si ses performances à Angers ont attiré l’œil de son futur entraîneur Ludovic Pouillart, Franck le sait, il doit beaucoup de choses au 3×3 : « J’ai commencé à le pratiquer à Cognac avec Thomas Laurent. Il m’a conseillé de tester cette discipline et j’en suis tombé amoureux. J’ai passé beaucoup de caps grâce à cela, dans ma confiance en moi ou mon habileté balle en mains ». Un même sport, mais pas le même jeu. Mais le plus important, il a su en tirer le meilleur pour progresser dans les deux disciplines. Ce qui lui permet aujourd’hui de s’ouvrir de tous nouveaux horizons : « Ce serait faux de dire que je ne pense pas à des objectifs avec le 3×3. Je donne tout sur un terrain, de toute façon, alors si ça doit arriver, tant mieux. Il y aura les JO l’an prochain puis à Paris 2024, alors, si on peut y aller, on ira ».

Le ton est sûr, tout comme ses ambitions et la prochaine saison avec le BCGO pourrait bien être celle de sa révélation.

Crédit photo : Flou 2 Rallye

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