Ahmadou Keita: « Strasbourg a été une belle réussite »

Durant deux saisons, Ahmadou Keita a porté les couleurs de la SIG Strasbourg. Avec une montée en Pro A et un titre de MVP de Pro B, il avait alors marqué les esprits et évolue aujourd’hui toujours dans le monde du basket, avec toutefois un costume bien différent sur les épaules.

« Mon passage à la SIG ? Une très bonne période, mais pas seulement sportive ». Voilà comment, vingt ans après son séjour de deux saisons dans la capitale alsacienne, Ahmadou qualifie son passage ici. A son arrivée en 1998, Strasbourg venait de descendre en Pro B, seulement quelques années après avoir retrouvé l’élite. Malgré cette période d’incertitude liée à la relégation, Ahmadou choisissait de relever le défi alsacien avec au final, toute la réussite que l’on connait aujourd’hui : « C’était une période de reconstruction pour le club. Nous avions débuté la saison au Tivoli, devant 400 personnes, pour finir dans un Rhénus plein ». Et pourtant, en traçant une ligne entre le moment de son arrivée et celui de son départ, la progression était flagrante : « En Pro B, nous avions démarré avec cinq défaites il me semble pour au final, finir champion et à Bercy, en finale de coupe de France. La saison suivante, nous disputons l’Europe et perdons en demi-finale du championnat. Je me répète, mais de Strasbourg, j’en garde de très bons souvenirs et de très bons amis. C’était un passage rempli de réussites sportives, mais aussi humaines ». A devoir en choisir une parmi toutes, Ahmadou hésite : « La montée reste un bon souvenir mais je crois me souvenir que nous la décrochons suite à une défaite, ce qui la rend particulière, même si la fête qui a suivie fut très belle. Et il y a le parcours en Coupe de France, jusqu’à Bercy. Celui-ci a été marquant ». En addition, l’arriere s’épanouissait sur les parquets et terminait la saison dans la peau d’un … MVP : « Dans chaque club où je suis passé, je me fixais des objectifs. A Strasbourg, c’était de remonter. Je descendais de Pro A, alors l’ambition était de la retrouver avec la SIG Strasbourg. Au final, cette année-là a été une des meilleures de ma carrière. Je suis très content de ce titre car quelques années auparavant, avec Nancy, j’avais terminé deuxième ».

Toutefois, cette si belle épopée fut physiquement (et mentalement) éprouvante pour les organismes. Au point qu’Ahmadou se blessait dès la reprise la saison suivante. Peut-être le seul point noir qu’il puisse ressortir de son aventure en Alsace : « La première année a été très longue, avec beaucoup de matchs et fut très usante. De mémoire, il y avait 20 clubs en Pro B. Lors du premier match de présaison, je me blesse. La seule blessure de ma carrière quasiment. Mon corps a ensuite dû compenser cette fracture et résultat, je me suis déchiré le mollet de l’autre jambe. Heureusement, j’ai réussi à revenir sur la fin et pu participer aux bons résultats de l’équipe ». Une année en Pro A conclue par 15 rencontres et 7,3 points de moyenne. Pour s’occuper durant cette période, Ahmadou se lançait un défi … différent. Avec son ami Christian Cléante, ils ouvraient un bar, le Passe-et-va. Très vite, cet endroit réunissait les adeptes du sport et devenait certainement le repère idéal pour célébrer les troisièmes mi-temps : « Je me répète mais Strasbourg a certes été une belle aventure sportive, mais aussi humaine. Nous avions créé un bar des sports avec Christian Cléante. C’est peu commun de voir ça, un établissement tenu par deux joueurs alors en activité, mais c’était très bien pris de la part des dirigeants, des sponsors ou encore de nos coéquipiers. Nous avions aussi été soutenus par les supporters. Et en 2000, quand la France décroche son titre de champion d’Europe au football, nous avions fait le plein ».

Deux décennies plus tard, Ahmadou conserve donc d’excellents souvenir de l’Alsace, lui qui habite aujourd’hui du côté de Nancy. Il garde même un réel plaisir à revenir au Rhénus : « J’ai toujours plaisir à y retourner, je n’en suis pas loin comme j’habite à Nancy. En tant qu’agent, je travaille avec quelques joueurs ayant été formés à la SIG Strasbourg ».

Souviens-toi l’été 2020

Car s’il a quitté les parquets en tant que joueur en 2009 après une dernière pige à Caen, il reste toujours à proximité des paniers. Aujourd’hui agent de joueurs, il était impossible pour lui de ne plus vivre de sa passion : « Devenir agent a été un concours de circonstances. J’avais passé mes diplômes d’entraineur et je m’étais lancé sur la formation ou l’entrainement. Mais en ayant fait plusieurs clubs, j’avais beaucoup de contacts et je conseillais des joueurs. Puis je me suis dit pourquoi ne pas passer la licence et une fois celle-ci obtenue, c’est monté petit à petit au point que cela devienne mon activité professionnelle. Je garde malgré tout un côté terrain, notamment avec mes camps de basket. C’est ma passion, c’est peut-être même handicapant pour mon activité d’agent car je suis moins présent de ce point de vue-là, mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup trop ».

Comme beaucoup, Ahmadou a connu une période longue et délicate ces dernières semaines : « La crise du COVID-19 a causé beaucoup de problèmes. Sanitairement et humainement déjà. Ensuite, côté sportif, c’est très compliqué de se projeter et de se dire si les clubs vont tenir les engagements, si la saison va repartir et quand… Mais nous gardons espoir que le basket et le sport repartent comme avant ». Et pour retrouver les parquets, quoi de mieux qu’avec les entraînements de ses jeunes enfants, avant de vouloir continuer dans cette voie ? « J’entraîne mes enfants dans un petit club à côté de Nancy, mais d’un point de vue professionnel, c’est incompatible. Ce ne serait pas autorisé et il faudrait faire un choix. Pour l’instant, je suis agent et m’occuper des petits me convient parfaitement ».

Crédit photo : SIG Strasbourg

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