Ludovic Pouillart, le basket dans la peau (2/2)

Depuis son arrivée à Gries, Ludovic Pouillart a réalisé de grandes et belles choses. Pourtant, avant d’arriver au BCGO, sa carrière n’a pas été un long fleuve tranquille. Deuxième partie.

Des sources d’inspirations multiples

Depuis longtemps, je dirais 15 ou 16 ans, je suis le basket espagnol. Il m’a toujours attiré de par son côté offensif, ses fondamentaux et sa manière d’inculquer les choses en général. A Cergy, je n’avais pas forcément les moyens ou la filière pour m’ouvrir à ce championnat mais par la suite, dès que j’en ai eu l’opportunité je l’ai fait. Je suis également très proche de Nando De Colo et Adam Mokoka. Je suis souvent en contacts avec eux je me renseigne sur certaines façons de procéder en Euroleague ou en NBA. Mais jamais je n’userai de ces relations pour mon objectif professionnel car ce sont de vraies amitiés.

Une exigence à haut-niveau

Mon exigence vient sans doute de mon enfance. J’ai vécu dans un quartier réputé difficile, je n’étais moi-même peut-être pas un enfant facile. Il y a pleins d’anecdotes pour raconter cela. A Reims, j’arrivais aux entraînements avec un scooter différent à chaque fois. Francis Charneux avait beau me le cadenasser pour que je ne reparte pas avec, j’y arrivais quand même et je revenais avec un autre le lendemain. J’ai toujours eu du caractère, plutôt fort même. Mes anciens entraineurs me le rappelaient d’ailleurs aussi toujours, j’étais compliqué à diriger. La rigueur, la dureté, j’en ai été imprégné par le basket serbe et leurs entraîneurs, comme Obradovic. Je reste malgré tout exigent avec moi-même en premier et donc, j’estime que je peux l’être avec les gens qui m’entourent : les joueurs, mes assistants ou mes dirigeants par exemple. Je ne laisse pas de place au hasard et j’ai besoin d’avoir une maîtrise sur tout.  J’ai une exigence absolue avec mes assistants et j’adore travailler, même si pour moi ce n’est pas un travail mais une passion. On me dit souvent que je suis dur avec mes joueurs, c’est vrai, mais j’estime qu’être ainsi avec eux, c’est les respecter. Le seul juge de mon travail sera la carrière de mon joueur après m’avoir quitté. S’il part dans une meilleure équipe, j’en suis le premier heureux. Beaucoup le comprennent et heureusement.

Sa progression et la suite de sa carrière

Depuis quelques années, j’ai pu mettre en place sur le terrain ce que j’aimais. Mon basket a aussi évolué même si à Basse-Indre, on proposait déjà quelque chose qui se rapprochait de ce que je veux mettre en place aujourd’hui : aller vite vers l’avant, jouer up-tempo. Il n’y avait qu’à Cergy où j’ai joué différemment car j’avais beaucoup de joueurs défensifs. J’ai aussi pris de la maturité sur un banc : à l’époque, je prenais beaucoup de techniques, j’ai même été suspendu. Je progresse aussi dans ma connaissance du basket. Pour la suite, je rêve un jour d’avoir une équipe qui me permette d’aller jusqu’au bout de mes idées, chercher tous les joueurs que j’ai vu et qui colleraient à merveille dans mon basket. Je suis sûr que cela ferait de très belles choses. C’est toujours dur d’entendre « on adore le basket que tu fais, mais on va quand même chercher un entraineur qui connait la division », je respecte ce choix et me dis qu’il va falloir trouver un autre moyen de monter. Ça ne me décourage pas en tout cas, j’essaie de faire mon métier le mieux possible. Je me vois bien coacher le plus tard possible, même dans des niveaux intermédiaires ou si un jeune coach me propose de l’assister quelques années pour le former, ça me conviendrait aussi.

Souvenirs marquants

Mes meilleurs souvenirs ? En tant que joueur, je dirais mes montées ou la finale de coupe de France , quand tous les niveaux étaient encore mélangés. J’ai défendu sur Terence Stansbury, ça n’était pas une partie de plaisir, surtout à 18 ans. En tant que coach, quand Daniel Brohan et Alain Tessier m’ont dit qu’ils me prenaient à Basse-Indre, ça a été un très beau moment. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à quelques personnes qui m’ont donné ma chance. Ensuite, les titres avec Cergy où l’on m’a toujours dit que ce ne serait pas possible. Nous avons réussi un superbe exploit avec un groupe de jeunes joueurs. Ils sont allés gagner un titre de champion de France en défendant comme des chiens. Et puis l’année à Gries en N1 était magique. Le titre de Nationale 2 était un objectif alors qu’en Nationale 1, nous n’étions pas programmés pour être là.

Crédit photo : Florian Fischer

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