Romain Dardaine, « Pourquoi pas terminer ma carrière en Alsace »

Avec Le Havre où il évolue depuis deux saisons, Romain Dardaine devait débuter la seconde phase de Nationale 1. Malgré l’objectif de monter en Pro B, il a dû accepter comme beaucoup l’arrêt du championnat et se tourne désormais vers la prochaine saison.

Tout juste âgé de six mois, Romain et sa famille s’installaient en périphérie de Strasbourg. Le jeune garçon débutait lui quelques années plus tard une carrière de basketteur qui l’emmenait à Lyon, Pau, Bordeaux ou encore Le Havre. Ses premières licences étaient signées à l’Electricité de Strasbourg, jusqu’en minimes France. C’est alors que l’ASVEL repérait ce jeune joueur pétri de talent mais qui, étrangement, n’avait pas attiré l’œil du club voisin, la SIG : « J’ai joué à l’Electricité de Strasbourg jusqu’en minimes France. J’avais un certain niveau et l’ASVEL est venu me chercher pour intégrer leur centre de Formation. Avec la SIG, je n’ai jamais eu de contact ou d’opportunité. Pourtant, si le choix s’était présenté, je serais resté et mon choix aurait été autre ». Du collège de Souffelweyersheim, il intégrait le mythique club de l’ASVEL pour y parfaire sa formation. Avant de signer professionnel, il se formait à Nancy et terminait son cursus à Hyères Toulon où ses performances avec les espoirs (28 matchs, 18,9 points et 10 rebonds de moyenne en 2008/2009) lui permettaient de fouler pour la première fois les parquets de Pro A (4 rencontres en 2007/2008 et 10 l’année suivante).

Pau, première montée d’une longue série

Il rejoignait ensuite Pau pour y vivre sa première expérience professionnelle et … sa première montée. En Pro B alors, l’Elan retrouvait l’élite au terme d’une belle saison. Pourtant, Romain ne prolongeait pas son bail dans le Béarn et trouvait un nouveau défi à Bordeaux, en Nationale 1. Les saisons se suivaient et avec la JSA, il accédait à la Pro B dès sa première année. Il jouera encore deux saisons en Gironde (4,2 points et 3 rebonds de moyenne en 2011/2012 et 4 points et 1,9 rebond l’année suivante) avant de rejoindre Charleville en 2013 puis Aix-Maurienne en 2016. A chaque fois, ces formations évoluaient en Nationale 1 et Romain réussissait le pari de monter en Pro B dès sa première saison, avec une recette ou un secret particulier ? « Je ne pense pas qu’il y ait de secret ou de formule magique. Le plus important, c’est d’avoir une grosse cohésion de groupe. Sur des niveaux plus forts, les joueurs ont tellement de talent qu’ils peuvent gagner un match avec ça. En N1, le niveau, ce n’est pas l’Euroleague alors il faut trouver d’autres forces, comme la solidarité. Lors de chacune de mes montées, nous étions toujours ensemble et nous aimions vivre ensemble. C’est un gros point, s’il y a des tensions, c’est plus compliqué. A Charleville par exemple, peu de gens misaient sur nous mais le coach Cédric Heitz a fait un superbe boulot et l’alchimie était parfaite ».

A la suite de sa dernière saison en Pro B (6,5 points, 4 rebonds en 2016/2017 avec Aix-Maurienne), il signait pour une saison à Orchies avant de rejoindre Le Havre en 2018. Un club ambitieux, à l’image de Romain, à la recherche d’un rebond depuis sa relégation de Pro A en Pro B en 2016, et vers l’échelon en-dessous en 2018. Si la première tentative en 2019 échouait, la faute à Saint-Quentin et … Souffel’, l’ambition était encore là cette saison, malgré une première phase un peu en dents de scie : « Une saison mitigée, avec des hauts et des bas. Nous avons perdu des matchs importants contre des équipes du Top 5, pourtant, nous restions bien placés pour faire un bon coup. Après la première phase, peu de personnes misaient sur nous, donc nous étions dans une bonne position pour embêter les équipes comme Chartres, Angers ou Boulogne. Nous étions prêts physiquement car nous avons refait une préparation physique sur la fin de la première phase, les deux derniers matchs étant sans réel enjeu pour nous. Nous avions les cartes en mains pour faire une bonne deuxième phase et pourquoi pas, monter directement ».

Le Havre ou une nouvelle destination ?

Habitué aux joutes de la Nationale 1, Romain revient également sur cette nouvelle formule à laquelle il a pu goûter depuis deux saisons maintenant : « Le plus habituel reste l’ancien format. Tous les matchs comptent. Là, certaines rencontres comptent moins. Tu ne joues jamais pour perdre, mais quand il y a moins d’enjeu, il y a peut-être moins d’envie, ce qui peut fausser la donne au final. Ce qui est intéressant par contre, lors de la deuxième phase, cela ressemble à des Playoffs avant l’heure. Tu joues dix finales avant d’entamer les vrais Playoffs si jamais tu ne montes pas ».

Capitaine du STB cette saison, Romain ne sait pourtant pas de quoi son avenir sera fait. En championnat, il affichait 10,8 points, 5,2 rebonds et une évaluation moyenne de 12,7. Avec plus de 26 minutes de jeu, il occupait un rôle majeur au sein de l’effectif mais attend pourtant un retour de son club pour la suite. De son côté, l’envie est claire, rester : « J’aimerais bien rester mais je ne sais toujours pas si ce sera le cas ou non. J’attends toujours une réponse, mais j’imagine sans doute que ce sera ailleurs qu’au Havre que je jouerai l’an prochain. C’est bizarre, étant capitaine, de n’avoir aucune nouvelle ».

Son prochain point de chute, s’il ne s’agit pas du Havre pourrait bien être en Pro B, ou en N1 : « Je me verrais bien en Pro B ou en N1, dans une équipe compétitive et qui présente déjà une certaine cohésion, comme j’ai pu connaître à Charleville, Aix ou Bordeaux. Je veux toujours gagner alors jouer pour ne pas descendre, c’est une image qui ne colle pas avec mon personnage. La Jeep Elite ? C’est trop loin. Bien entendu, si par miracle une occasion se présente, je ne pourrais sans doute pas dire non. Mais je pense sincèrement que ce sera plus la Pro B, voire la N1, où je pense pouvoir prétendre à un plus grand rôle ». Avec un possible retour dans la région ? « Pourquoi pas. J’ai déjà eu des contacts avec Souffel’ dans le passé sans pourtant les voir aboutir. Les joueurs apprécient souvent de terminer leur carrière dans leur région d’origine, alors je ne me ferme aucune porte ».

Histoire de boucler la boucle. Mais à 32 ans, Romain dispose encore de belles années devant lui.

Crédit photos : Bruno Belbouche / STB LE HAVRE

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