Jérémy Tschamber : « Quand tu es en haut, tu veux y rester »

A 35 ans, Jérémy Tschamber n’a rien perdu de ses jeunes et fastes années où il écumait, entre autres, les parquets de Pro B. Aujourd’hui capitaine du WOSB, il apporte expérience et sérénité à un groupe de qualité qui dominait sa poule de Nationale 2 et réalisait l’une des plus belles saisons de son histoire.

Confiné, c’est le mot d’ordre qui revient de l’ensemble des joueurs interrogés ces dernières semaines. Un quotidien bouleversé qui tranche avec son rythme d’avant. Diplômé de son école de kiné en septembre, il venait de démarrer sa carrière dans ce domaine. Un premier changement qui a rapidement pris une tournure que le meneur ne pensait vivre un jour dans sa vie : « J’avais trouvé mon rythme entre le travail, ma famille et les entraînements. Du jour au lendemain, nous avons dû tout arrêter, c’était bizarre. Au début, tu te poses forcément des questions sur comment tu vas faire, l’organisation à mettre en place. Mais ça se fait tout seul et j’en profite maintenant pour voir ma petite fille grandir ».

Objectif : Top 5

Car avant cette parenthèse, beaucoup de choses s’enchaînaient, dont le basket. Passé par Mulhouse, Souffel’ ou encore Tours et Lille, il évolue depuis quatre saisons au WOSB en Nationale 2, un club qu’il a vu et fait grandir. Cette saison plus que jamais, les résultats étaient au rendez-vous et avant l’arrêt définitif de la saison, les hommes de François Ladenburger occupaient une place méritée au classement, avec seize victoires en dix-neuf rencontres. De quoi faire naître une pointe de frustration : « C’est frustrant, c’est vrai. Il restait sept rencontres à disputer. Bien sûr, nous n’étions pas encore assurés de terminer devant mais la confiance était là. Nous pouvions vivre une magnifique saison avec les Playoffs à jouer. Tu ne les joues pas tous les ans et certains n’ont jamais connu ça. Des matchs secs, avec un gros enjeu, devant beaucoup de monde, c’était notre mission et c’est dommage de ne pas pouvoir y aller jusqu’au bout ».

L’appétit vient en mangeant, dit-on. Si au début de saison Jérémy et ses coéquipiers visaient un Top 5, l’enchaînement de victoires allaient leur donner l’ambition de viser plus haut : « Certaines saisons, les choses fonctionnent mieux. Nous au départ, nous voulions finir dans les cinq premiers. Au fur et à mesure de la saison, nous avons gagné plusieurs matchs, dont certains sur le fil qui ont fait basculer notre saison. Quand tu es en haut, tu veux y rester alors à la mi-saison, nous nous sommes dit on y va, même si nous ne pourrons monter à la fin ». Et si ce n’était que partie remise ?

Depuis quatre ans qu’il est au club, Jérémy loue d’ailleurs sa stabilité, un vrai avantage pour un sport collectif : « Il y a très peu de changement dans l’équipe depuis maintenant quatre ans, que ce soit avec le coach ou les joueurs. François Ladenburger aussi progresse beaucoup, ce qui permet au final à toute l’équipe d’évoluer positivement. Pour la saison prochaine, nous sommes encore en négociation mais la logique voudrait que l’on reste. C’est une vraie force de pouvoir compter sur le même effectif, ce sont les fondations d’une bonne saison et on sait que c’est souvent cela qui est le plus long à mettre en place ».

Une relation de confiance avec ses coachs

Du haut de ses 148 matchs en Pro B, Jérémy occupe une position forte au sein du vestiaire du WOSB. Un rôle de capitaine qui découle logiquement de par son expérience et son vécu au plus haut niveau et dont il a hérité, sans vraiment le réclamer : « En tant que capitaine, j’interviens lorsque j’en ressens le besoin, par exemple pour aider un joueur ou s’il y en a un qui dévie de notre objectif commun. Un peu un rôle de très bon pote. Pourtant au début, je n’ai jamais eu trop envie d’endosser ce costume. Je l’étais plus dans l’exemplarité sur le terrain que dans la parole. Mais à force, il m’a aussi permis de grandir en tant que personne et j’ai développé d’autres qualités au cours des années. Si tu remontes dix ans en arrière, je ne suis plus du tout le même capitaine que j’ai été. Aujourd’hui, j’ai plus de facilités à dire les choses qu’avant. L’âge, et surtout les expériences vécues, m’aident ».

Au WOSB, il est un relai privilégié de son coach pour faire passer ses messages et transposer ses idées de jeu sur les parquets : « Nous avons une confiance mutuelle entre nous. Je le connaissais déjà un peu lorsque je jouais à Souffel’ car il assistait à certaines séances et Stéphane (Eberlin) lui laisser parfois nous gérer. Ensuite, j’ai suivi ses résultats quand il était à Gries. Depuis quatre ans, je le découvre vraiment. C’est un gros bosseur, ambitieux et dont on ne peut lui ôter l’envie de vouloir toujours mieux et de se remettre souvent en question. Sa philosophie transpire dans l’équipe ».

Lorsqu’on évoque Jérémy, difficile de ne pas le lier au BC Souffelweyersheim. Huit saisons pleines, entre 2008 et 2016 qui l’ont vu monter de la Nationale 2 à la Pro B, en plus de beaucoup d’autres souvenirs aujourd’hui toujours dans sa mémoire : « C’est compliqué d’en ressortir des bons moments, il y en a eu tellement. En termes d’émotions pures, la victoire face à Dijon en Coupe de France, c’était incroyable. Mais le meilleur restera la montée en Pro B après le succès face à Blois en prolongations. La folie. Il y en a tellement d’autres encore, même la finale de Leaders Cup, bien qu’on l’ait perdu. Alors je préfère citer les victoires ».

Alors revoir son club revenir sur le devant de la scène aujourd’hui le comble encore plus de joie : « C’est un vrai plaisir de revoir Souffel’ à ce niveau. Remonter une seconde fois pour ce petit club, c’est quelque chose d’irréel. Et ce qu’il y a de plus grand là-dedans, c’est le coach. Les coachs, pardon. Ils ont tiré ce club vers le haut, vraiment. J’avais même espéré voir Stéphane prendre les rênes de la SIG, mais non. Tant mieux pour Souffel’ ».

Des expériences marquantes et une carrière déjà bien remplie, bien qu’il reste encore quelques années devant lui pour cocher quelques cases « souvenirs » supplémentaires.

Crédit photo : Florent Ott

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