Pauline Lithard : « J’ai pris des risques et ils ont payé »

Le verdict est tombé ce vendredi 10 avril, la saison de Ligue Féminine de Basket a comme toutes les divisions « inférieures » été arrêtée. Pas de champion, pas de relégation, ce qui permet au club de Charnay de valider son maintien et repartir en première division la saison prochaine. Une mission réussie sous la houlette de sa meneuse alsacienne Pauline Lithard qui conclut sa première saison au club sur une bonne note.

« Tout va bien, je me porte bien, tout comme mes proches », c’est ainsi que démarre l’échange avec la meneuse de 26 ans. Restée sur Charnay pendant le confinement, elle a poursuivi son travail physique, histoire de rester en forme au cas où : « Je suis dans de bonnes dispositions pour travailler, j’ai le matériel adéquat puis j’ai un accès direct à l’extérieur pour faire mes exercices ». Une situation presque anormale à ce stade de la saison où les matchs deviennent généralement couperets en vue des Playoffs ou du maintien. Pourtant, Pauline trouve dans cette trêve anticipée une ressemblance avec ses étés, entre repos et préparation physique intense : « L’été, je suis en général chez moi à Kaysersberg. Mai et juin sont plutôt tranquilles mais juillet, je ne sors pas beaucoup. Je me fais une à deux séances par jour et je reste concentrée sur ce planning, sans voir beaucoup de monde ».

Mission maintien accomplie

En revenant sur la saison passée, Pauline avoue d’ailleurs qu’elle n’a pas toujours été simple, surtout avec un objectif du maintien en tête et très pesant. Plus petit budget de la ligue, première saison dans l’élite, effectif jeune et modifié à plusieurs reprises en cours de saison ont rendu le quotidien mouvementé. Pourtant, dans cette adversité, les joueuses du coach Mathieu Chauvet n’ont jamais lâché et ont su réagir aux moments clés de la saison : « En début de saison, nous avons perdu certaines rencontres sur des petits détails et par manque d’expérience ». En affrontant notamment Montpellier, La Roche Vendée ou Bourges en début d’exercice, les défaites s’enchaînaient certes mais les écarts (toujours moins de dix points) laissaient planer quelques espoirs. Le premier succès était décroché lors de la sixième journée et la venue de Charleville Mézières (81-73, le 23 novembre). Nantes, Saint-Amand ou la Roche Vendée tombèrent également face à une équipe charnaysienne qui se laissait même l’espoir de voir un peu plus que le maintien : « Effectivement, à un moment de la saison, nous progressions. L’arrivée de notre poste 5 Mikaela Rueff nous a également amené un espoir supplémentaire car elle se montrait très dominante (18,5 points et 10 rebonds sur les deux rencontres disputées), mais sa blessure rapide nous a vite remis en tête qu’on se devait d’abord d’assurer la place de l’équipe en Ligue. Les blessures s’accumulaient et nous avons même joué un match sans poste 5, c’est pour dire ».

Une saison faite de hauts et de bas

Sur un plan personnel, Pauline a réalisé sa meilleure saison dans l’élite. Plus de dix points de moyenne (10,2) dont une pointe à 21 face à Nantes lors de la neuvième journée, 2,3 passes décisives et une évaluation moyenne de 7,8. Tant bien même, son année en Bourgogne s’est résumée en deux périodes très distinctes : « Les premières rencontres, je me sentais neutre, pour ne pas dire pas bonne. Je ne parvenais pas à apporter ce que je souhaitais. Il est vrai que je m’étais mis une pression supplémentaire car c’était ma première réelle opportunité de meneuse titulaire en ligue ». Capitaine qui plus est et réel relais du coach sur le terrain, Pauline et son staff échangeait régulièrement pour redresser le tir : « J’ai eu une réunion avec mon coach. Pour me faire comprendre qu’ils attendaient plus de ma part, ils m’ont mis les statistiques sous les yeux. Leur but était clair, que je fasse une meilleure saison ». Et la réaction ne s’est pas faite attendre : « Ces échanges m’ont fait du bien. A la sortie, je me suis dit que je devais prendre plus de risques. Et depuis ce jour, je me sens sur une pente ascendante ».

Plus en vue et plus à l’aise sur les parquets, Pauline menait dès lors le jeu de son équipe tel qu’elle le souhaitait et c’est logiquement que Charnay lui a proposé de rempiler pour la saison prochaine. Un choix fort et qui se veut dans la stratégie d’un club qui souhaite miser sur la continuité et la stabilité. En plus de sa meneuse, le CBBS s’est rattaché les services de son staff et pour le moment, de trois autres joueuses : « Malgré une autre proposition, à projet égal, j’ai choisi de poursuivre à Charnay. C’est un choix de continuité pour poursuivre ce que l’on a commencé à construire ensemble ici. Je ne souhaitais pas vraiment repartir de zéro, et savoir qu’on garde un noyau dur est important. Avec le staff, on se connaît bien désormais et nous avions envie de poursuivre cette aventure ensemble. En plus, en maintenant une stabilité, il sera plus aisé d’intégrer les futures recrues à nos systèmes de jeu ».

Car désormais, les regards sont déjà braqués vers la prochaine saison. La saison actuelle s’est finie et Pauline rejoint l’opinion générale, saluant cette sage décision : « La décision ne faisait pas vraiment de doute. Entre la première annonce de la FFBB – interrompant toutes les compétions jusqu’en LF2- et celle-ci, cela a permis de constituer des groupes de travail pour préparer cette décision. Avec le SNB, nous avons été force de proposition. Dès l’an prochain, nous serons en plus partie intégrante à la gouvernance de la FFBB ».

Entre-temps, Pauline s’accordera (encore) quelques jours de repos, des vacances et peut-être un stage si son emploi du temps le permet, avec ses amis Nicolas Lang et Léo Westermann. Ensuite, il sera grand temps de remonter sur les parquets, la nouvelle saison de LFB s’annonçant déjà bien relevée.

Crédit photos : Jordan Ravinet

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